Citroën Ami : gadget ou vraie innovation avant de nouveaux modèles ?

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(Crédits : Citroën)
La marque automobile française va commercialiser une petite voiture sans permis et 100% électrique à moins de 7.000 euros. L'Ami permet à Citroën, et plus largement au groupe PSA, d'expérimenter de nouvelles formes de mobilités, de distribution, mais également de technologies comme le 48 volts. Pour autant, l'Ami ne résoudra ni les problématiques de volumes ni les contraintes CO2 de Citroën...

C'est le grand écart cette semaine chez PSA... Outre, les résultats financiers présentés mercredi et qui ont conforté la robustesse économique du groupe, c'est bien deux voitures qui ont été dévoilées par les marques du groupe. L'une présentée par DS mesure près de 4,93 mètres, la DS9, l'autre mesure 2,41 mètres, la Citroën Ami. Deux modèles, deux extrémités.

Avec ces deux modèles, le groupe automobile français montre qu'il est capable de sortir du carcan de sa plateforme historique l'EMP2. Mais avec l'Ami, la marque aux chevrons expérimente une troisième voie en matière de mobilité...

Une différence sémantique majeure

Présentée sous forme de concept car au salon de Genève 2019, cette voiture n'en est en réalité pas une, c'est un "quadricycle". Cette différence sémantique est plus structurant qu'elle n'y paraît puisqu'elle permet d'être conduite sans permis, mais également de s'alléger d'une série d'équipements obligatoires qui alourdissent significativement les coûts. Au final, l'Ami permet à deux personnes de se mouvoir en full electric (100% électrique), sans nécessité d'un permis, à un prix imbattable: 6.900 euros.

Citroën Ami

Pour parvenir à cette compétitivité économique, Citroën a choisi la technologie du 48 volts. La plupart des constructeurs vont se servir de cette technologie, aussi appelée petite hybridation, pour l'adjoindre à des moteurs thermiques classiques afin de réduire leur empreinte CO2 à l'image de la prochaine Volkswagen Golf. Ici, l'Ami sera exclusivement propulsé par la technologie 48 volts. Certes, l'autonomie ne sera que de 70 kilomètres, mais elle correspond à la moyenne des trajets quotidiens (45 km).

Lire aussi : Voiture électrique ou « électrifiée » : pourquoi le 48 volts pourrait s'imposer

Au CES de Las Vegas 2019, l'équipementier automobile Valeo avait surpris en montrant qu'il était possible de concevoir une voiture 100% électrique à partir d'une petite hybridation de ce type, et dont il se revendique leader mondial. L'Ami illustre qu'il ne s'agissait pas que d'un concept, mais tout à fait possible de le proposer en série.

L'Ami tire à blanc sur la nouvelle réglementation CO2

Citroën a axé sa communication autour de l'électromobilité accessible. Dans un contexte de transition énergétique, cette communication est la bienvenue. Malheureusement, elle ne permettra pas au groupe PSA de réduire ses émissions de CO2 dans le cadre de la réglementation européenne en vigueur depuis le 1er janvier. Celle-ci contraint les constructeurs à ne pas dépasser 95 grammes de CO2 par kilomètre par voiture vendue, sous peine de forte amende, pouvant aller à plusieurs milliards d'euros selon certaines études. L'opportunité d'une voiture électrique permettrait ainsi de réduire ces émissions. Sauf que l'Ami, en vertu de son statut de "quadricycle" ne sera pas comptabilisé par Bruxelles.

Citroën Ami

Pour Citroën, le véritable enjeu de l'Ami est d'expérimenter une troisième voie autour de la mobilité. La distribution de l'Ami va d'abord totalement s'affranchir du réseau de concessionnaires Citroën puisqu'elle sera totalement digitalisée. La marque aux chevrons a également signé un partenariat avec Fnac-Darty pour commercialiser la nouvelle voiture. "Nous avons une vraie légitimité en matière de mobilité urbaine", avance Enrique Martinez, PDG du premier groupe de distribution électroménager et high-tech de France. Ensuite, Citroën veut expérimenter la location tout format avec l'AMI. A partir de 20 euros par mois, ce quatre roues pourrait être une solution d'appoint pour des zones touristiques. Elle peut également être une solution pour compléter une solution de mobilités pour les jeunes générations si l'on en croit Vincent Cobée, patron de la marque: "si vous avez des ados, c'est une excellente réponse à leur besoin de mobilité", a-t-il lancé à l'occasion de la présentation du véhicule à La Défense. En France et en Italie, il est possible de conduire une voiture sans permis à partir de 14 ans.

Un déploiement européen

Le carnet de commandes de l'Ami sera ouvert fin mars pour des livraisons à partir de juin. Produite dans la toute nouvelle usine de Kenitra au Maroc, elle sera ensuite commercialisée en Italie, Espagne, Portugal et Belgique, avant un lancement en 2021 en Allemagne. Pour le moment, Citroën vise un volume de vente autour de 10.000 unités mais pourra monter beaucoup plus en fonction du succès.

Ce n'est pas la première fois qu'un constructeur lance une solution sans permis. Renault s'était essayé avec le Twizy disponible sans permis dans sa version petite puissance (la version supérieure suppose un permis B).

Pour Vincent Cobée, le marché du quadricycle en France est estimé entre 25.000 et 30.000 unités par an. L'Italie serait le premier marché européen de ce type de véhicules, notamment Rome et Milan très friands de ce type de technologie.

Des objectifs rabotés

L'expérience Ami est probablement intéressante sur ce qu'elle annonce et ce qu'elle prépare de la mobilité de demain. Mais d'ici là, Citroën est attendu sur la croissance de ses volumes. La marque qui a vendu 992.000 voitures en 2019 (-5%) a été pénalisée par la perte de l'Iran, mais également par l'effondrement de ses ventes en Chine (50.000 ventes), ce qui avait contraint la PDG de l'époque, Linda Jackson, à réviser son objectif d'un volume de vente de 1,5 million de voitures en 2021. Selon Vincent Cobée, Citroën pourrait vendre 1,2 million de voitures en 2022.

La marque aux chevrons est désormais attendue sur deux volets: la poursuite de son plan produit notamment avec de nouveaux produits électrifiés, mais également la divulgation de sa gamme dédiée aux pays émergents et qui devrait notamment être dirigée sur l'Inde, un pays de conquête annoncé par Linda Jackson. Le plan produit de Citroën se fait largement attendre puisque la marque n'a rien montré depuis 2017, année où elle avait sorti le C5 Aircross et le C3 Aircross en Chine et en Europe, en croisant leur arrivée dans ces deux marchés d'une année sur l'autre. Après l'année blanche du centenaire de la marque, il est temps que Citroën relance son plan produit... automobile.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2020 à 0:44 :
Ces sans-permis à 40KM/H qui occasionnent des queux et donc des dépassements
nerveux et dangereux.
a écrit le 28/02/2020 à 22:34 :
Concept intelligent, une bonne bouille, pas cher, souhaitons lui de trouver son public. Son point faible est la recharge en ville, mais c'est vrai de toutes les voitures électriques.
a écrit le 28/02/2020 à 18:07 :
La fausse bonne idée .
L'avenir : autoriser enfin la transformation des VRAIES mini, R5, Fiat 500 ou 600 ...en leur greffant un moteur électrique simple capable de 100 à 200 kms .
a écrit le 28/02/2020 à 16:20 :
Une vraie innovation ce serait une batterie amovible automotrice pour que les urbains puissent la rentrer chez eux le soir pour la charger mais bon, ça semble trop compliqué a envisager pour nos supers ingenieurs pas ingenieux pour un sou
Réponse de le 28/02/2020 à 19:35 :
Un vrai râleur sans nul doute. 1OOkg de batterie sous le bras. Bonne idée
Réponse de le 01/03/2020 à 11:10 :
Sur le 208, ils ont du renforcer la direction/suspension à cause du poids de la batterie, pas aisé de la manipuler chaque soir comme celle d'un smartphone.
Mais, si c'était "standardisé", on pourrait imaginer en avoir en station "service" déjà chargées, qu'il serait possible de remplacer sans avoir à attendre. Y a eu un truc comme ça en Israël, un robot remplaçait la batterie par dessous, mais je crois que ça a périclité, c'est pourtant une alternative à la recharge même rapide (en Suède j'ai vu des bornes Tesla avec 2 voitures dont les chauffeurs patientaient, c'est jamais assez rapide, développer les photos en 1h j'ai toujours trouvé ça trop long (je ne passe pas une heure à faire mes courses), je préférais revenir un autre jour).
a écrit le 28/02/2020 à 14:32 :
L'idée et le prix me plaisent, dommage de ne pas avoir repris le même des années 50 en micro voitures la vespa 400, j'en ai possédé une même temps qu'une ariane soit la plus grosse française et le plus petite mais ressemblant à une vraie voiture.
a écrit le 28/02/2020 à 11:12 :
C'est plutôt urbain comme véhicule, le périphérique parisien fait 35km je crois, y a moyen de faire deux tours puis recharger.
Ça remplace un deux roues à pétrole, et met à l'abri des intempéries. En ville le deux roues c'est bien mais le bilan de pollution ne semble pas très favorable (on ne peut tout avoir en même temps).
On imagine mal faire de longs voyages avec, c'est à usage local, de voisinage, mais la Smart était également prévue 'ville' et on en voit sur autoroutes. Il y a souvent une personne par véhicule, là y a deux places, du luxe. :-)
Des rues ici sont passées récemment à 30 avec des blocs roses posés au sol + chicanes, c'est 50 avant Lecl*, 45km/h ça peut aller. :-)
a écrit le 28/02/2020 à 9:45 :
l'idee n'est pas mauvaise, et ca peut etre utile en ville
apres, sans permis, ca veut dire limite a 45 kmh, donc pas adapte au peri urbain
hey, remarquez, peut etre que le gouvernement va voter une loi ecolo facon segolene royal pour mettre les routes a 45kmh, ca reduirait les inegalites
ah ben non, y a eu les gilets jaunes, desole, j'avais oublie
Réponse de le 28/02/2020 à 14:51 :
Contrairement à ce que vous croyez, les voitures sans permis restent rares en ville car pas plus pratiques que les vraies, le pb étant de stationner, posséder un garage, mais explosent en campagne ou le principe est de partir de son pavillon quelque part dans les petits villages alentours ou le bocage pour le chef-lieu de canton ou il y a toutes les commodités et l'hypermarché et souvent la gare.
Quand au temps de perdu des usagers "normaux" j'ose espérer que les Français cessent d'accepter d'être obligés de payer pour rouler sur les biens qui sont les leurs: les autoroutes et rouler tranquillos à 45 kmh en attendant d'entrer sur la 4 voies.
a écrit le 28/02/2020 à 9:31 :
Elle est très moche, cette voiture.
a écrit le 28/02/2020 à 9:03 :
Pourquoi si moche?
Réponse de le 28/02/2020 à 15:24 :
C'est aussi mon avis. Pourquoi faire un concept intéressant si c'est pour le faire moche? On dirait qu'ils n'y croient pas.
a écrit le 28/02/2020 à 8:27 :
L 'avenir, des voitures très légères électriques , hybrides ou hydrogènes à moins de 10 000 euros avec peu d'électronique et une vitesse limltée à 130 km /h. Les tanks vendus actuellement ne devraient plus être commercialisés.
a écrit le 28/02/2020 à 8:13 :
Excellent projet. Il est cependant très fragile à la question de la recharge en zone urbaine, ce d'autant que son autonomie est forcément très faible. Il va sérieusement se poser la question de développer des services de recharge mobiles eux aussi. On voit mal un borne de recharge à chaque place de parking en ville.
Réponse de le 28/02/2020 à 12:15 :
Si le prix annoncé est tenu elle est 40% moins chère que la première voiturette thermique concurrente. Ajoutons que normalement les coûts d'entretien seront réduits à pas grand chose puisque pas de moteur thermique, pas de boite de vitesse, d'embrayage, d'alternateurs, de bougies, d'échappement...

Pour ce qui est de le recharge, elle se fait en 3 heures sur une prise domestique standard (16A). Donc pas de borne couteuse à installer.

Pour ceux qui roulent déjà en voiturette et disposent d'un bout de terrain privé pour la garer devant le pavillion de banlieue c'est une super affaire.

Même le coffre semble correct vu la taille de l'engin.

Je plussoie donc.... excellent projet.

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