Dieselgate : le "méga-procès" contre Volkswagen s'ouvre ce lundi

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(Crédits : Fabian Bimmer)
Des centaines de milliers de clients demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées.

Le premier grand procès de consommateurs en Allemagne s'est ouvert lundi contre Volkswagen, regroupant des centaines de milliers de clients qui demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées, quatre ans après l'éclatement du "dieselgate".

La première audience de ce procès qui devrait s'étaler sur plusieurs années a débuté peu après 08H00 GMT au tribunal régional de Brunswick, délocalisé pour l'occasion au centre des congrès. Une deuxième audience est prévue le 18 novembre.

Lire aussi : Dieselgate : Volkswagen face au premier méga-procès de clients en Allemagne

Plus de 450 000 personnes se sont inscrites pour cette requête groupée ; la première de ce type en Allemagne, selon une procédure adoptée dans la foulée du dieselgate.

Scandale à tiroirs

L'association de consommateurs VZBV fait office de requérant unique et accuse le groupe automobile d'avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu'il ne l'est en réalité.

"J'aimerais que Volkswagen rembourse le prix d'achat", explique à l'AFP Andreas Sarcletti, client venu de Hanovre. "Mais je crains que le procès dure très longtemps."

Ce volet judiciaire est pour l'instant le plus important en Allemagne dans ce scandale à tiroirs, alors que le constructeur tente de tourner la page en misant sur l'électrique.

Concrètement, les juges devront trancher une cinquantaine de points, mais la question principale sera de déterminer si Volkswagen a "causé un préjudice" et agi "de manière contraire à l'éthique".

"Nous sommes confiants sur nos chances de succès, car Volkswagen a fraudé", assure avant l'audience Ralph Sauer, avocat de la VZBV, à l'AFP.

Mais Volkswagen estime qu'il "n'y a pas de dommages et donc pas de fondement à cette requête". "Encore aujourd'hui, des centaines de milliers de véhicules sont utilisés" sur les routes, insiste Martina de Lind van Wijngaarden, conseil de l'entreprise.

Un accord à l'amiable "peu imaginable"

Même s'il s'avérait défavorable à Volkswagen, le jugement n'entraînera pas directement un remboursement: chaque consommateur enregistré devra ensuite faire valoir ses droits individuellement.

L'examen de cette requête collective devrait durer au moins jusqu'en 2023 en raison d'un appel possible devant la Cour fédérale, selon Volkswagen. Les procédures individuelles peuvent encore prendre plus d'un an par la suite.

Pour écourter la procédure, la VZBV est "ouverte" à un accord à l'amiable mais "dans ce cas, Volkswagen devrait malgré tout payer une somme significative", a expliqué M. Müller à l'AFP.

Le constructeur estime qu'un tel accord est "peu imaginable" en raison de l'hétérogénéité des situations: une partie des dossiers seraient des doublons ou concernent des clients résidant à l'étranger ou ayant acheté leur voiture après la révélation de l'affaire.

En parallèle de la procédure groupée, 61 000 requêtes individuelles ont été déposées en Allemagne, dont une partie ont abouti à des accords extra-judiciaires.

Plus de 30 milliards d'euros déboursés en frais juridiques

Le scandale remonte à 2015, quand Volkswagen a avoué avoir équipé 11 millions de véhicules de logiciels truqueurs. Il a depuis coûté au groupe plus de 30 milliards d'euros en frais juridiques, amendes et dédommagements, déboursés pour l'essentiel aux Etats-Unis.

Pour l'heure, le constructeur n'a payé en Allemagne que trois amendes d'un total de 2,3 milliards d'euros, mais reste sous la menace d'une cascade de procédures civiles et pénales.

Ainsi, dans un procès engagé il y a un an, des investisseurs réclament un dédommagement pour la chute spectaculaire du cours en Bourse après l'éclatement du dieselgate.

La semaine passée, l'actuel patron Herbert Diess et le président du conseil de surveillance du groupe Hans Dieter Pötsch ont été renvoyés devant les juges pour manipulation de cours de Bourse. L'ex-patron Martin Winterkorn, qui a dû démissionner en 2015, a lui, en plus, été renvoyé pour "fraude".

Lire aussi : Dieselgate: trois dirigeants de Volkswagen renvoyés devant la justice

Virage électrique

Pour Volkswagen, le scandale du diesel "appartient à l'histoire du groupe" au même titre que "la coccinelle et la Golf", reconnaît Ralf Brandstätter, responsable de la marque VW.

Mais il assure que le groupe a "profondément changé": le constructeur mise 30 milliards d'euros sur sa nouvelle gamme électrique pour "regagner l'estime de la société".

Au-delà du front judiciaire, le scandale a accéléré le déclin du diesel et les voitures diesel risquent d'être bannies de plusieurs villes allemandes en raison de leur niveau de pollution en oxydes d'azote (NOx).

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Commentaires
a écrit le 30/09/2019 à 16:52 :
La procédure des clients français est tout simplement bloquée parce que WW et la justice allemande ne répondent pas aux requêtes des juges français...ça changera après ce procès.
L'ampleur de la fraude est plus importante sur les véhicules allemands car ils sont généralement plus lourds et sont équipés de "cheating box" bien plus performantes...
a écrit le 30/09/2019 à 16:27 :
En France l'Etat est juge et partie puisqu'il est actionnaire de nos deux fabricants, donc il ne se passera pas grand chose alors que tout semble démontrer que pas mal de leurs véhicules polluent et émettent du CO2 beaucoup plus que permis. Combien de véhicules équipés d'un logiciel truqueur circulent en France ? Un scandale sanitaire qui n’émeut pas grand monde et que les médias passent sous silence.
a écrit le 30/09/2019 à 11:37 :
Vous ne trouvez pas étrange qu'il ne se passe rien en France?!!!! Comme me disait un pote danois, le rapport du pouvoir en France est plus sensible aux intérêts des capitaux que celle des citoyens !!!

Cet exemple le montre bien !
a écrit le 30/09/2019 à 11:05 :
"mais la question principale sera de déterminer si Volkswagen a "causé un préjudice" et agi "de manière contraire à l'éthique"."

Ils ont triché, ce qui n'est pas "éthique" mais en Allemagne c'est peut-être une notion différente, ce qui a comme préjudice qu'ils ont violé la Loi, je vois pas comment ils peuvent prouver le contraire de la vérité.

Ensuite on aimerait voir aussi TOUS les constructeurs qui ont gazé des cobayes humains en procès hein... On a encore passé un cap dans l'horreur, réflexe tacite d'une oligarchie allemande qui a totalement perdue la raison visiblement.

Quand tu voles deux pommes pour nourrir tes enfants tu peux prendre 6 mois ferme, quand tu empoisonnes des millions de personnes et que tu triches sur des sommes astronomiques t'es pas sûr d'être puni.

Démocratie ? Non oligarchie.

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