Les numéros deux et trois nippons de l’automobile veulent s'unir pour rattraper leur retard dans la voiture électrique.C'est un mastodonte de l'automobile mondiale qui pourrait bientôt voir le jour. Honda a indiqué ce mercredi étudier un rapprochement avec son rival Nissan. Si les négociations aboutissent entre les numéros deux et trois nippons de l'automobile, elles accoucheront du troisième constructeur mondial, derrière leur compatriote Toyota et l'allemand Volkswagen. Avec Mitsubishi, dont Nissan est le premier actionnaire à hauteur de 24%, le nouvel ensemble représenterait plus 8 millions de voitures vendues par an.
Pourquoi un tel rapprochement ? Aux yeux des observateurs, cette consolidation permettrait aux constructeurs de disposer d'une plus grande surface financière pour investir davantage dans la voiture électrique. Après s'être concentrés sur les véhicules à motorisation hybride, les constructeurs nippons ont pris du retard par rapport à leurs concurrents chinois et européens. Au printemps dernier, Honda et Nissan avait d'ailleurs annoncé un « partenariat stratégique » dans le développement des logiciels et composants pour les voitures électriques.
Des revers commerciaux en Chine
Cette transition technologique coûte très cher. Elle intervient, pour ne rien arranger, à un moment où Nissan est particulièrement mal en point. Plombé par de fortes baisses de ses ventes, le constructeur a annoncé, le mois dernier, d'importantes restructurations, et la suppression de 9.000 postes. Pour Nissan, « une fusion apporterait un répit à court terme », souligne Tatsuo Yoshida, analyste de Bloomberg Intelligence. D'après le quotidien économique Nikkei, cette opération vise aussi à éviter un rachat par le géant taïwanais de l'électronique Foxconn.
Nissan et Honda essuient en outre d'importants revers commerciaux en Chine. Ils souffrent de la concurrence féroce des acteurs locaux, qui ont un coup d'avance dans l'électrique. A la différence d'Honda, Nissan connaît aussi des difficultés aux Etats-Unis, « notamment parce qu'il a raté la vague hybride », précise Michael Foundoukidis, analyste chez Oddo-BHF.