Jean-Michel Billig est Chief Technology Officer de Stellantis, en charge du développement des piles à combustible à hydrogène.
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A la tête du développement des piles à combustible à hydrogène de Stellantis, Jean-Michel Billig appelle la France et l’Europe à accompagner la filière. Les débouchés sont, selon lui, importants dans les véhicules utilitaires.
LA TRIBUNE : Outre les voitures électriques, quelles sont les ambitions de Stellantis dans les véhicules à hydrogène pour la mobilité décarbonée ?
JEAN-MICHEL BILLIG : Notre ambition n'est pas tant de développer une nouvelle technologie que de proposer un portefeuille de solutions à zéro émission qui couvre tous les cas d'usage de nos clients.
Tous n'ont pas tous les mêmes besoins. Dans les véhicules utilitaires, une petite moitié de nos clients ne font jamais plus de 200 ou 250 km dans la journée. Le temps de recharge ne constitue pas pour eux un problème, et ils n'ont pas besoin d'une très grande capacité de chargement. Pour ces clients, une solution électrique à batterie est parfaitement appropriée.
Mais ce n'est pas le cas de tous les professionnels. Prenons l'exemple d'un épicier qui fait sa tournée dans plusieurs villages en Lozère. Il a besoin de charger au maximum son camion, roule beaucoup pour livrer ses produits, et n'a pas le temps de s'arrêter dans la pampa pendant une heure pour recharger son véhicule. L'hydrogène peut ici constituer une solution.
Quels sont les avantages des véhicules à hydrogène ?
C'est d'abord un temps de recharge qui est très inférieur à cinq minutes pour atteindre les 100 %. Les véhicules à hydrogène disposent d'une capacité de charge utile sans aucun compromis.
Un autre avantage, par rapport aux véhicules électriques à batterie ou à essence, est que cette technologie est beaucoup moins sensible aux grandes variations de température, et en particulier au froid.
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Comment fonctionnent, concrètement, vos véhicules à hydrogène ?
Ceux-ci disposent du même moteur que pour une voiture électrique. Mais nous avons retiré la batterie pour y mettre une pile à combustible, laquelle est alimentée par des réservoirs à hydrogène. Le principe de la pile à combustible consiste à mélanger de l'hydrogène, à l'anode, avec de l'oxygène, à la cathode. Cela produit un courant électrique tout en émettant de l'eau. Nous n'avons donc aucune émission de CO2 à l'échappement.