REPORTAGE — Donald Trump pourrait instaurer dès le 1er février une taxe de 25% sur les produits venant du Mexique. Une mesure qui serait dévastatrice pour le secteur auto et ses 900.000 employés.Ce n'est pour l'instant qu'une menace. Mais elle fait trembler toute l'économie mexicaine. Si Donald Trump la met à exécution, samedi prochain, le Mexique comme le Canada verront les taxes sur les produits exportés aux États-Unis passer à 25%. Une manière pour le 47e président américain de punir son voisin, qui laisserait selon lui « trop de migrants traverser la frontière », mais aussi trop de drogues, notamment le fentanyl. La mesure coûterait cher au Mexique : 80% de ses exportations sont destinées au marché américain.
Il est un secteur où la pilule a particulièrement du mal à passer : l'automobile. « Cette industrie représente 13% du PIB mexicain, précise José Ignacio Martínez Cortés, professeur d'économie internationale à l'université nationale autonome du Mexique (Unam). Près de 70% des voitures et pièces automobiles fabriquées au Mexique sont envoyées directement aux États-Unis. »
« Une balle dans le pied »
Aujourd'hui, près de 900.000 Mexicains travaillent dans ce secteur. Sofia Hernandez, 37 ans, employée dans une usine de fabrication de pièces automobiles, est l'une d'entre eux. « Si ces taxes sont mises en place, l'industrie automobile va s'écrouler, alerte la jeune femme. Les prix des voitures risquent d'exploser. Déjà que les ventes sont difficiles en ce moment... Je n'ose pas imaginer ce qu'il va se passer. Les usines vont fermer, et les employés perdre leur travail. »
José Ignacio Martínez Cortés se veut plus rassurant. S'attaquer à ce secteur « handicaperait aussi des entreprises américaines comme Ford et General Motors, qui, attirées par une main-d'œuvre peu chère et de qualité, se sont installées au Mexique. » L'universitaire précise : « Ce serait se tirer une balle dans le pied, car cela augmenterait les coûts de production de ces entreprises, qui les répercuteraient sur le marché américain. »
Face à l'offensive américaine, les autorités mexicaines semblent pour l'instant miser sur la négociation.