Marché automobile : l'Europe au ralenti, l'électrique cale
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Les ventes ont reculé en France, en Allemagne, en Italie et en Belgique, tandis qu'elles ont progressé en Espagne, au Portugal et en Pologne.
Pascal Rossignol
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Les ventes ont reculé en France, en Allemagne, en Italie et en Belgique, tandis qu'elles ont progressé en Espagne, au Portugal et en Pologne.
Pascal Rossignol
Avec 10.6 millions de voitures neuves immatriculées en 2024, selon l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), le secteur reste loin des niveaux d'avant l'épidémie de Covid. Si la croissance atteint +0,8 % sur un an, elle reflète des disparités importantes entre les pays. Les ventes ont reculé en France, en Allemagne, en Italie et en Belgique, tandis qu'elles ont progressé en Espagne, au Portugal et en Pologne. Volkswagen tire son épingle du jeu, avec une hausse de 3,2 %, notamment grâce à sa marque Skoda. À l'inverse, Stellantis, maison mère de Fiat et Opel, a vu ses immatriculations plonger de 7,2 %.
La part des voitures électriques a reculé pour la première fois depuis 2020, atteignant 13,6 % du marché sur l'année (15,9 % en décembre). Ce fléchissement s'explique en grande partie par la suppression des subventions en Allemagne, principal marché européen, où les modèles électriques peinent à convaincre en raison de leurs prix encore élevés.
Cependant, la dynamique reste contrastée : des hausses sont observées en Belgique, au Danemark et aux Pays-Bas. Au Royaume-Uni, des objectifs ambitieux imposés par les autorités ont dopé les ventes (+21,4 %). L'électrique pourrait rebondir en 2025 avec l'arrivée de modèles plus abordables, selon les analystes.
Les modèles hybrides, qui combinent moteur thermique et batterie électrique rechargeable, continuent de séduire les acheteurs. En 2024, ils ont représenté 30,9 % du marché (33,1 % en décembre), dépassant pour la première fois les ventes de modèles essence sur les quatre derniers mois de l'année. Ce segment profite de sa polyvalence et de ses prix plus accessibles que les 100 % électriques.
Les leaders de ce marché, Toyota-Lexus (+17,5 %) et Renault (+1,9 %), enregistrent de bons résultats. Renault, notamment, s'appuie sur le succès de l'hybride sur des modèles phares comme le Captur ou la Clio. « C'est l'antichambre du passage à l'électrique », résume Fabrice Cambolive, directeur de la marque Renault. Le déclin du diesel s'est poursuivi (-11,4 %), même s'il reste prisé dans les pays d'Europe de l'Est. En revanche, dans l'ouest du continent, les constructeurs misent désormais sur les hybrides pour compenser cette baisse.
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Face à ces transformations, les constructeurs automobiles réclament plus de flexibilité à l'Union européenne dans la réduction des émissions de CO2. Sigrid de Vries, directrice générale de l'ACEA, a alerté sur un « risque existentiel » pour l'industrie, alors que plusieurs groupes ont déjà annoncé des suppressions d'emplois. Des mesures pour soutenir l'achat de voitures électriques ou sécuriser les chaînes d'approvisionnement en métaux rares pourraient être annoncées dès février.
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L'industrie automobile européenne s'inquiète aussi de potentielles guerres commerciales avec les États-Unis. Donald Trump, investi lundi, a menacé d'augmenter drastiquement les droits de douane sur les produits européens. Ola Källenius, patron de Mercedes, plaide pour des marchés « libres et ouverts », indispensables, selon lui, à la survie.
(Avec AFP)
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