Le particulier, nouvelle frontière de la location de voitures

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La France est en avance dans le peer-to-peer avec deux grands acteurs que son Drivy et OuiCar.
La France est en avance dans le peer-to-peer avec deux grands acteurs que son Drivy et OuiCar. (Crédits : OuiCar)
Pour pimenter le jeu, les loueurs de voitures doivent également faire face à une nouvelle frontière, le peer-to-peer, soit la location entre particuliers.

La France est particulièrement en avance en la matière avec deux grands acteurs que sont Drivy et OuiCar. Cette offre présente de multiples avantages par rapport aux loueurs traditionnels : elle est moins chère et elle dispose d'une capillarité y compris en zone rurale, que les loueurs, digitalisés ou non, sont incapables d'offrir. « Notre modèle, c'est d'être moins chers et plus flexibles, il n'y a pas d'horaires d'agence, et notre offre est disponible partout », défend Benoît Sineau, PDG de OuiCar.

D'après lui, le modèle des loueurs de voitures, y compris leurs concurrents digitalisés, peut difficilement rivaliser en termes de compétitivité.

« Les loueurs traditionnels et même leurs challengers digitaux sont contraints par des coûts fixes élevés qui sont liés à la maintenance, et ceux-ci ne cessent d'augmenter sans pour autant garantir la qualité. Chez nous, le coup d'œil du propriétaire équivaut à des coûts exorbitants chez les historiques », lance-t-il.

Le peer-to-peer réinvente totalement le rapport du consommateur avec la location de voiture. Il ne traite plus avec une agence et des agents désincarnés, mais avec un particulier qui a un rapport direct avec sa voiture. Cela change beaucoup de choses, d'après Benoît Sineau :

« Le taux de sinistralité est 30 fois moins élevé que chez un loueur traditionnel parce que l'engagement de l'utilisateur est beaucoup plus important car il est dans une relation plus conviviale et donc plus responsable avec le propriétaire. »

Face au phénomène, les loueurs traditionnels sont sur la défensive

Chez Europcar, on essaie de repenser le modèle en faisant du peer-to-peer une extension de son métier historique. Pour cela, le loueur français a pris une participation de 20% chez SnappCar, le leader néerlandais de la location entre particuliers. L'entreprise expérimente également la possibilité qu'un client qui louerait une voiture dans son réseau historique puisse lui-même la louer à un client particulier : « C'est comme si nos clients devenaient, en quelque sorte, des agents Europcar », lance-t-elle.

Chez Sixt, le peer-to-peer, cela ne fait pas peur... Au contraire ! Son arrivée est « un élément supplémentaire d'incitation des Français à abandonner leur voiture pour passer à l'usage, ce qui est positif pour nous puisque notre offre est capable de les attirer dans une démarche plus qualitative », veut croire Jean-Philippe Doyen, président de Sixt France.

Jean-Claude Puerto, lui, est convaincu que l'avenir reposera beaucoup sur le peer to peer. Il vient d'ailleurs de lancer un nouveau produit, Ucar Rent Smarter, permettant de financer l'achat d'une voiture neuve par sa mise en location régulière à travers une plateforme de partage, Ucar2Share.

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▶︎ En complément de cet article de La Tribune Hebdo n°280 proposé gratuitement sur LATRIBUNE.fr,
LISEZ NOTRE ENQUÊTE : "Les loueurs de voitures en quête d'un nouveau modèle économique" (article abonné)

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Commentaires
a écrit le 20/02/2019 à 9:12 :
Une tendance saine qui va à contrario des intérêts des actionnaires milliardaires et qui dont ne peut qu'être une avancée pour la sauvegarde de la planète.

Plus on partagera et mieux on survivra.

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