Les usines d'utilitaires de Stellantis et Renault menacées par les réglementations
Alain-Gabriel Verdevoye
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Stellantis produit ses fourgons de gamme moyenne (Peugeot Jumpy, Citroën Expert, Fiat Scudo et dérivés) à Hordain (Nord).
REUTERS/Pascal Rossignol
Les usines françaises de véhicules utilitaires, employant près de 9 000 personnes, font face à une crise imminente. Avec 85 % des ventes en diesel et la montée des réglementations européennes sur l’électrification, l’avenir de ces sites est incertain.
Les quatre sites français de véhicules utilitaires (Hordain, Maubeuge, Batilly et Sandouville), sur les neuf usines d'assemblage que Stellantis et Renault détiennent dans l'Hexagone, emploient près de 9 000 personnes. Les normes d'électrification européennes, qui seront discutées le 12 septembre avec la Commission européenne, font peser de lourdes incertitudes sur leur sort. Le marché des utilitaires reste résolument tourné vers le diesel, qui absorbe encore 85 % des ventes.
Le danger pour l'emploi est réel et imminent. Pourquoi ? Le marché des utilitaires, qui représente « 2 millions de véhicules environ par an pourrait perdre 350 000 unités cette année », avertit Jean-Philippe Imparato. Et le directeur Europe de Stellantis ajoute : « Des artisans ne renouvellent pas leurs véhicules, passent de plus en plus sur des utilitaires d'occasion. »
Crise passagère ou structurelle ? L'attentisme des clients s'explique : la Commission européenne a imposé l'électrification de ces utilitaires, à l'image de celle des voitures. À partir de 2035, la vente des utilitaires neufs non électriques sera effectivement interdite dans l'Union. Avant cela, à l'horizon 2030 les émissions de gaz à effet de serre des utilitaires neufs devront être réduites de moitié !
Les clients ne veulent pas de l'électrique
Pour ce segment, c'est une rude gageure. Les électriques représentaient en juillet dernier 8,5 % à peine des immatriculations d'utilitaires dans l'Union européenne. Or, pour être dans les clous des objectifs prévus par la Commission, le pourcentage d'électriques dans les ventes devrait se monter à 17 % sur l'année, d'après les calculs de Stellantis.
Mission quasi-impossible puisque les clients n'en veulent pas. Or, les pénalités prévues par Bruxelles sont lourdes ! Le risque c'est que, pour éviter ces pénalités et augmenter artificiellement leur pourcentage de véhicules électriques, les constructeurs n'en soient réduits carrément à diminuer la production des modèles diesel, ceux que le client demande ! Un comble. D'où le danger pour l'activité des usines !
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