Michelin s'alarme d'une « invasion massive de pneus venant d’Asie »
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Florent Menegaux, le PDG de Michelin.
Reuters
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Florent Menegaux, le PDG de Michelin.
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Il était attendu au tournant. Après avoir pris la décision de fermer les usines de Cholet de et Vannes en novembre dernier, Florent Menegaux, le PDG de Michelin, était auditionné ce mercredi par la commission des affaires économiques du Sénat. Dans un contexte de crise du secteur automobile en France et sur le Vieux Continent, le champion des pneumatiques souffre de plus en plus de la concurrence chinoise. « La caractéristique de nos marchés en Europe, c'est que nous subissons une invasion massive de pneumatiques en provenance d'Asie », a déploré le dirigeant.
« En 25 ans, il s'est créé 200 manufacturiers de pneus en Chine », a-t-il renchéri. Ce qui constitue une menace pour Michelin comme pour ses grands rivaux, à savoir le japonais Bridgestone et l'américain Goodyear. Ces trois acteurs historiques, souligne Florent Menegaux, ont vu leur part de marché dégringoler de 15 points depuis le début des années 2000, à environ 45%. Et si celle de Michelin « s'est stabilisée depuis une dizaine d'années en valeur » aux alentours de 15%, elle a baissé « en volume », précise le patron.
Cette situation d'« hyper-concurrence », qui a accouché « d'une surcapacité mondiale massive de pneumatiques » précise le patron, plonge désormais Michelin dans la tourmente. Celui-ci déplore qu'en parallèle, la France et l'Europe ont vu leur compétitivité plonger depuis 2019. Entre l'inflation et la hausse des prix de l'énergie, les coûts de production « sont deux fois plus chers, maintenant, en Europe qu'en Asie », alerte-t-il. Résultat : « Nous ne sommes plus en capacité d'exporter à partir de l'Europe », renchérit-il, soulignant que « c'est un constat », et que « ce n'est pas par manque de volonté ».
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Cette situation n'est, selon lui, « plus tenable ». Elle met à mal la stratégie historique de Michelin, consistant à « massifier » la production de ses usines sur le Vieux Continent « pour avoir des coûts de revient les plus faibles possibles », et in fine de faire son beurre à l'export. « Tout notre modèle de croissance au cours des 50 dernières années, ça a été d'utiliser l'Europe comme moyen d'investir le monde », rappelle Florent Menegaux.
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