Michelin ferme ses usines de Cholet et de Vannes
Emilie Valès et Pierre Manière

L'usine Michelin de Cholet compte 955 salariés.
Reuters
Emilie Valès et Pierre Manière

L'usine Michelin de Cholet compte 955 salariés.
Reuters
Cela faisait longtemps que ces sites étaient menacés. Le couperet est finalement tombé ce mardi matin. La direction de Michelin a annoncé la fermerture de ses usines de Cholet et de Vannes. La première emploie 955 salariés, et fabrique essentiellement des pneus pour des camionnettes. La seconde totalise 299 salariés, et produit des renforts métalliques utilisés pour la fabrication de pneumatiques pour poids lourds et véhicules de tourisme. A La Tribune, Michelin précise que la production des deux sites s'arrêtera « au plus tard début 2026 ».
« Cette décision était inéluctable », affirme Pierre-Louis Dubourdeau, vice-président exécutif de Michelin, en charge de l'industrie et de l'ingénierie. Il considère que ces deux sites pâtissent, depuis plusieurs années, « de l'arrivée massive de produits importés d'Asie à bas coût ». Cela a transformé le marché, explique-t-il, au détriment des segments premium de Michelin. Pierre-Louis Dubourdeau déplore également « la dégradation continuelle des conditions de compétitivité ».
Le dirigeant cite « l'inflation » et, en particulier, « le coût de l'énergie ». « L'électricité en France est deux fois plus chère au mégawattheure qu'en Amérique du Nord », précise-t-il. « C'est le deuxième centre de coûts, dans notre secteur, après la masse salariale », insiste-t-il, précisant que la fabrication des pneus nécessite des étapes de cuisson particulièrement énergivores.
Le dirigeant affirme que « Michelin s'est battu pour imaginer des manières d'être plus compétitif » sur les deux sites. « Malheureusement, nous sommes allés au bout de tout ce qui pouvait être tenté, poursuit-il. Nous n'avons plus d'option parce que nos sites sont structurellement sous-chargés, et nous ne voyons pas de perspectives de redressement. »
Michelin se dit « conscient des conséquences de cette décision ». « Notre engagement, c'est de ne laisser personne au bord du chemin, indique Pierre-Louis Dubourdeau. Nous mettrons tous les moyens nécessaires pour que tous les salariés puissent rebondir professionnellement. » Un « soutien individualisé » sera apporté à chaque salarié, affirme le groupe. Michelin évoque les possibilités de « mesures de pré-retraite », de « mobilité interne », ou « externe » avec l'aide d'un « cabinet spécialisé ». L'entreprise s'engage aussi à « contribuer activement à la création d'au moins autant d'emplois de même nature » dans les territoires de Cholet et de Vannes.
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Alors que l'avenir d'un autre site, celui de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), était aussi menacé, Michelin affirme que son activité se poursuivra. Cette usine, qui compte 155 salariés, fabrique notamment des membranes de cuisson utilisées pour la fabrication des pneus, et des tissus calandrés. « La question [de la fermeture du site, Ndlr] s'est effectivement posée », confirme Pierre-Louis Dubourdeau. Mais d'après lui, Michelin considère que l'activité liée aux membranes est « stratégique ». Celle des tissus calandrés, pour sa part, fait l'objet d'une « solution de rebond ».
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