Nissan avertit sur ses résultats et en profite... pour tacler Carlos Ghosn

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(Crédits : Toru Hanai)
Le groupe automobile japonais a annoncé une baisse de 45% de son résultat net pour un chiffre d'affaires stable. La chute des ventes aux États-Unis et en Europe impacte lourdement ses bénéfices. Le groupe a également inscrit une provision exceptionnelle qui consacre les émoluments différés de Carlos Ghosn qui n'avaient jusqu'ici pas été déclarés.

Après la crise managériale, Nissan doit traverser un autre trou d'air, celui de ses performances financières. Le groupe automobile japonais vient d'annoncer une chute de 45% de ses profits sur les trois derniers trimestres (son exercice annuel est décalé et s'achève fin mars) à 2,5 milliards d'euros. Cette baisse est d'autant plus inquiétante que le chiffre d'affaires, lui, est resté stable.

Les marchés occidentaux en forte baisse

Nissan souffre d'une forte contraction de ses ventes aux Etats-Unis (-8%) et en Europe (-13%) sur l'ensemble de l'année 2018. En Chine, les ventes ont continué à progresser, mais quatre fois moins vite que l'année précédente (+12%). En outre, en valeur, le marché chinois est moins porteur que les marchés occidentaux, ce qui explique l'impact plus que proportionnel sur la rentabilité.

Le groupe automobile dirigé par Hiroto Saikawa a donc décidé de revoir à la baisse ses prévisions sur l'ensemble de l'exercice, et table désormais sur un résultat net de 410 milliards de yens contre 500 milliards promis initialement. Sur un an, cela porterait la baisse des profits à 45%. Nissan estime toutefois pouvoir juguler la baisse des ventes et table sur un chiffre d'affaires en léger recul (-2,9%).

L'affaire Carlos Ghosn consacrée dans les comptes

Cette détérioration de la performance financière survient à un moment critique pour le groupe japonais, qui est au coeur d'un scandale notamment sur les émoluments de son ancien patron, Carlos Ghosn. Celui-ci est emprisonné depuis le 19 novembre dernier dans un centre pénitentiaire de Tokyo dans l'attente de son procès pour malversations et non déclaration de revenus. La justice japonaise lui reproche de ne pas avoir déclaré aux autorités boursières une partie de ses revenus. Nissan est également mis en examen en tant que personne morale, pour ne pas avoir procédé à cette déclaration.

Pour la première publication de résultats depuis cette affaire, Nissan a donc dû provisionner l'ensemble des revenus différés de Carlos Ghosn, soit 74 millions d'euros. Ainsi, le constructeur confirme bien l'existence de tels revenus que le prévenu dément n'avoir jamais signé ni vu la couleur.

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Commentaires
a écrit le 13/02/2019 à 9:22 :
Tavares chez Peugeot Ghosn en prison, on constate pourquoi Hiroto Saikawa était proche de la sortie. A part "savonner" la planche pour Ghosn, il ne sert a rien chez Nissan.
a écrit le 12/02/2019 à 17:13 :
C'est stupéfiant, une entreprise auditée peut verser 78 millions à son dirigeant sans que ces sommes ne soient dans les comptes. Il ne faudrait pas également poursuivre le chef comptable et le directeur financier de l'entreprise. On a du mal à croire qu'ils n'étaient informés de telles rémunérations occultes versées à un dirigeant.
Réponse de le 12/02/2019 à 19:51 :
Il ne s'agit pas de revenus versés mais de revenus différés, comme l'article le dit fort clairement.
Depuis le début c'est le coeur du débat. C. Ghosn déclare qu'on lui a affirmé chez Nissan que ce futur revenu n'avait pas à être déclaré avant d'être versé. Apparemment, il dit vrai puisque Nissan est poursuivi pour dissimulation.
La vraie question est donc : Nissan s'est-il trompé exprès en informant mal C. Ghosn ?
L'avenir dira très bientôt à qui profite l'"erreur" et son déballage public.
Réponse de le 13/02/2019 à 7:47 :
Je ne trouve pas que l'article soit si clair, notamment dans sa dernière phrase, laquelle manque, pour le moins de justesse, sinon d'élégance. Tout le monde, sauf peut-être le journaliste, a effectivement compris que ces sommes n'avaient pas été versées, et qu'elles sont en principe dues: c'est bien la raison pour laquelle elles sont provisionnées..Reste à savoir si on doit déclarer aux impôts une somme due pour des exercices futurs (dont le montant est selon M.Ghosn incertain), mais non touchée, -j'imagine que M.Ghosn n'établissait pas ses déclarations d'impôts lui même (en japonais) et qu'il a pléthore de conseils fiscaux, et je ne suis pas fiscaliste au Japon.. Le fait d'être riche, intelligent et en relative bonne santé ne doit pas être une raison de critiquer un individu..
Réponse de le 13/02/2019 à 9:40 :
@BH @Bara : il n'est même pas reproché à Ghosn une fraude fiscale (ces sommes n'ayant pas été versées elles ne sont évidemment pas imposables) par absence de déclaration, mais une absence de déclaration aux autorités boursières ! Et c'est d'ailleurs pour ça que Nissan est inculpé au même titre que Ghosn pour cette affaire.
Réponse de le 13/02/2019 à 9:56 :
Réponse à la réponse de BH :
Décidément, le sujet est plus complexe qu'il ne parait car mon propos n'était pas de critiquer Mr Ghosn tant il semble évident qu'il a été victime d'un complot.
J'éviterai en revanche d'évoquer sa richesse et son intelligence, deux caractéristiques assez rares et enviables pour que certains y voient des crimes contre l'humanité.

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