Fiat-Chrysler prêt à une nouvelle grande fusion ?

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La nouvelle entité composée de Fiat et Chrysler est le septième groupe automobile mondial.
La nouvelle entité composée de Fiat et Chrysler est le septième groupe automobile mondial. (Crédits : Sergio Marchionne - Photo Reuters)
D'après Sergio Marchionne, le monde de l'automobile verra sans doute une nouvelle grande fusion avant 2018. Ces déclarations surviennent alors que des rumeurs persistantes font état de projets de rapprochement de Fiat Chrysler Automobile (FCA) avec d'autres groupes...

Sergio Marchionne fait-il du pied à qui veut l'entendre ? L'administrateur délégué du groupe Fiat Chrysler (FCA) a déclaré jeudi que l'industrie automobile se dirigeait vers une nouvelle grande fusion avant 2018.

"Je suis absolument certain qu'avant 2018 il y aura une fusion", a-t-il dit lors d'une visite à l'usine Fiat de Melfi, dans le sud de l'Italie.

Mais il n'a pas réagi à un article du New York Times faisant état de discussions - avortées - autour d'un rapprochement entre Fiat et Opel, filiale allemande de General Motors.

Pourtant, il semblerait que FCA soit bien à la recherche d'un nouveau rapprochement industriel. En avril, Reuters avait révélé, sur la foi de sources proches du dossier, que Sergio Marchionne réfléchissait à un nouveau projet de fusion.

FCA déjà trop petit?

Le joli coup de la fusion entre Fiat et Chrysler pourrait ne plus suffire à Sergio Marchionne car cette nouvelle entité s'avère déjà trop petite. Avec 4,61 millions de voitures écoulées en 2014, FCA est le septième groupe automobile mondial.

A titre de comparaison, le numéro un mondial, Toyota, a vendu 10,23 millions de véhicules, tandis que l'Alliance Renault-Nissan se maintient à la quatrième place avec 8,46 millions de voitures.

Un plan défensif ?

Il faut dire que FCA souffre également de nombreuses difficultés. D'abord en Europe, où le groupe a perdu du terrain avec ses marques Fiat et Alfa Roméo (Lancia est désormais circonscrit au seul marché italien).

Sergio Marchionne a bien annoncé un plan d'investissement ambitieux de 48 milliards d'euros, mais il s'agit surtout d'un plan très défensif pour relancer les marques Alfa Roméo et Fiat. De plus, le charismatique patron de FCA a toujours défendu l'idée de surcapacités de production en Europe. Il a, à plusieurs reprises, plaidé pour une consolidation industrielle afin de juguler cette surproduction.

De l'audace, toujours de l'audace

Aux Etats-Unis, après avoir profité du redressement de ce qui est devenu le deuxième marché du monde, Chrysler pourrait voir son potentiel de croissance rapidement plafonner dans les années à venir s'il ne parvient pas à sortir de son carcan géographique.

Sergio Marchionne a habilement profité des opportunités offertes par la crise, mais doit encore passer à la vitesse supérieure. Son audace paiera-t-elle encore une fois ?

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Commentaires
a écrit le 29/05/2015 à 16:50 :
2/ A travers GM les américains se sont servis de Fiat pour pousser la technologie en Europe, de façon à ce que les groupes de la zone n'aient pas les moyens d'aller à l'international, trop engagés qu'ils étaient à rattraper leur retard et à se débarrasser des millions de faux-emplois que les gouvernements successifs leur avaient demandé d'embaucher. Mais cette stratégie a trouvé ses limites et GM s'est dirigé vers la faillite. L'idée de faire disparaître Chrysler en le faisant reprendre par Fiat a alors semblé judicieuse, elle devait permettre de longues années de réflexion et surtout de retournement. Plus rapidement que prévu Fiat sollicite désormais la décision. FCA a réalisé l'an dernier 12,7 % de part de marché US tandis que Ford faisait 14,9 et GM 17,8. L'ensemble américain, si l'on considère FCA comme tel, constitue un bloc de 45,4% exactement identique à la part asiatique. Les américains ne maîtrisent donc pas leur marché de 17 millions de véhicules par an. L'objectif est alors de faire venir sur le territoire le maximum de challengers occidentaux, français en tête pour que la part de chacun soit réduite à 4% faisant presque automatiquement remonter celle des constructeurs nationaux qui est espérée à 60%. C'est exactement la punition que les américains subissent en Europe. Dans cette perspective, acheter FCA serait une dépense inutile obligeant au surplus à traiter la question calvaire européenne. Fusionner éviterait cette dépense mais verrait l'héritier ELkam devenir le premier actionnaire du nouveau GM/FCA avec au final 20% des actions. GM devrait de toute façon céder ensuite quelques actifs ou marques pour que l'opération soit possible. Par contre laisser Renault conclure ses accords compliqués permettrait de négocier en contrepartie un solide accord technologique donnant à GM la possibilité de se rétablir sur les deux marchés européens de l'est et de l'ouest qui totalisent également 17 millions de ventes par an au total et influencent le reste du monde. Renault ferait entrer PSA aux Etats-Unis en réduisant la part asiatique; il laisserait Nissan régler la question européenne de FCA. Acheter l'italien reviendrait toutefois pour GM à revenir dans la cour des très grands, voire numéro un par la masse avec près de 290 milliards de chiffre d'affaire. Foncer ou finasser, là est la question.
a écrit le 29/05/2015 à 14:58 :
1/ Fiat est passé sous influence américaine à la fin de la guerre au titre des dommages. Mais rien n'a été fait officiellement. En effet les américains avaient une mission à confier au constructeur : fournir en technologies les pays spéciaux. L'Urss bloqué par le rideau de fer bien entendu mais aussi l'Espagne et par continuité le Brésil, tous en quelque sorte "gelés" par des situations particulières. GM passait donc technologies et capitaux à Fiat qui s'installait dans ces pays avec une production souvent considérée comme nationale. Les Agnelli, patrons de Fiat, étaient donc des métayers en quelque sorte. Cette situation a été maintenue tant que la situation russe perdurait bien que la famille italienne veuille sortir de ce piège. Une prime lui était en effet promise à cette occsion, mais, quand ? Les deux frères Agnelli sont morts sans avoir vu la situation se dénouer. Elkam, le très jeune 'héritier par alliance prit le pouvoir aidé par Marchionne, un italo-canadien. Ce dernier gérait auparavant la fortune des Agnelli investie en Suisse en prévision de la vente de Fiat. Il a été appelé à la direction. GM a pensé un temps faire disparaître la firme italienne mais les autres constructeurs européens, particulièrement français, sont intervenus afin que le marché local ne soit pas totalement déséquilibré. Il a été convenu que Fiat reprenne d'abord Chrysler et qu'ensuite GM s'attache cet ensemble. Les choses sont allées vivement avec plus de 2 ans d'avance. L'italien frappe donc à la porte de GM qui a la décision sur le développement futur. Tout le monde attend, particulièrement Renault.
a écrit le 29/05/2015 à 14:10 :
Avec PSA pourquoi pas, ils sont complémentaires, et par Chrysler, ça lui ouvrirait les portes du marché nord américain, mais PSA doit grossir d'abord ce qui est déjà bien entrepris !
a écrit le 29/05/2015 à 8:43 :
C est évident que fiat, dont la gamme est composé de la 500 et de la ... 500 , allié à Chrysler dont les succès datent de l'époque Benz ( challenger , magnum C 300) ou reposent sur des quasi camions ( dodge ramcharger ) doivent trouver une solution pour continuer à construire des voitures competitives. L'alliance d'un aveugle et d 'un paralysé ne peut donner quelqu un de valide. Dommage que Peugeot , en son temps, n'ait pas su saisir les occasions.
a écrit le 29/05/2015 à 1:01 :
Fiat-Chrysler doit être absorbé par GM et les usines de l'américano-italien converties pour construire des produits GM.

Seul le Jeep CJ-7 de la gamme Fiat-Chrysler devrait être conservé.
a écrit le 28/05/2015 à 20:18 :
Plus c'est gros, moins c'est facile à gérer. Voir VW et ses 12 marques
a écrit le 28/05/2015 à 18:21 :
FCA FIAT ressemble beaucoup à RENAULT DACIA LADA INFINITI, tels des bateaux en perdition en haute mer.

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