Stellantis : le processus de succession pour remplacer Carlos Tavares lancé
latribune.fr
Carlos Tavares, actuel directeur général de Stellantis, a supervisé la création du quatrième groupe automobile mondial en janvier 2021, né de la fusion entre Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler (photo d'archive).
Massimo Pinca
Stellantis : le processus de succession pour remplacer Carlos Tavares lancé
Le constructeur automobile a lancé un processus pour remplacer l’actuel directeur général Carlos Tavares à la fin de son mandat, début 2026. À plus d’un an de l’échéance, Stellantis a expliqué qu’il est « normal » de l’anticiper dans un groupe de cette importance.
Qui succédera à Carlos Tavares au poste de directeur général, à compter de janvier 2026 ? Le groupe a confirmé une information de l'agence de presse Bloomberg lundi, selon laquelle le processus de succession a été lancé.
« À un peu plus d'un an de l'échéance d'un contrat de cinq ans signé en janvier 2021, il est tout à fait normal qu'un conseil d'administration se penche sur le sujet avec la nécessaire anticipation au regard de l'importance du poste, sans que ceci présage de discussions futures »,a indiqué le groupe dans un bref communiqué adressé à l'AFP.
Une réunion du conseil d'administration « prévue de longue date » aura lieu début octobre au siège américain du groupe à Auburn Hills, près de Detroit, avec notamment cette question à l'ordre du jour, a ajouté un responsable du groupe à l'AFP. Pour autant, le président de Stellantis, John Elkann, n'a aucun projet de changement immédiat à la tête du constructeur, a précisé Bloomberg.
En février dernier, Carlos Tavares avait indiqué que lui et les dirigeants de Stellantis s'exprimeraient sur son éventuel remplacement à la tête du groupe automobile lors de la présentation des résultats du 1er semestre 2025, soit au mois de juillet de l'année prochaine. Il laissait alors toutes les éventualités sur la table.
« On ne sait pas aujourd'hui quelle sera la situation. Est-ce que je reprends un autre mandat ou pas ? Le conseil d'administration sera souverain et je suis un des membres du conseil d'administration »,avait déclaré l'actuel directeur général.
Pour rappel, Carlos Tavares, 65 ans, a supervisé la création du quatrième groupe automobile mondial en 2021, né de la fusion entre Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler. Ingénieur de formation, passionné d'automobile, il a commencé sa carrière chez Renault et à Nissan avant de prendre la tête de PSA en 2014.
La baisse des ventes aux États-Unis agace au plus haut
Reste que, en lançant dès maintenant le processus de succession, l'éventualité d'un prolongement de Carlos Tavares au-delà de son mandat perd en crédibilité. Et cette petite accélération des choses s'expliquerait, selon Bloomberg, par le fait que le président John Elkann serait de plus en plus insatisfait de la dégradation de la performance de son groupe en Amérique du Nord au premier semestre.
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Ce marché, qui est d'ordinaire la machine à cash de Stellantis, a vu ses ventes fortement ralentir (-18%) sur les six premiers mois de l'année. En raison de l'abandon de plusieurs modèles - à l'instar des Dodge Charger et Challenger ou des Jeep Renegarde et Cherokee - et de « pénuries temporaires de production, dues à une période transitoire de renouvellement » de certains de ses modèles phares, comme le pickup Ram 1500 et le SUV Peugeot 3008, comme l'a expliqué le groupe.
Il n'empêche que cette dégringolade a entraîné dans son sillage l'ensemble des résultats du constructeur. Le bénéfice net de Stellantis s'est ainsi affiché à 5,6 milliards d'euros au premier semestre, en recul de 48% par rapport à la même période l'année dernière où il avait enregistré un bénéfice record de 10,9 milliards. Son résultat opérationnel courant a aussi plongé de 40%, à 8,4 milliards d'euros. Quant au chiffre d'affaires, la baisse est moindre, mais tout de même importante (-14%, à 85 milliards d'euros) sur fond de marché automobile atone.
Carlos Tavares avait concédé lui-même lors de la publication de ces résultats fin juillet que Stellantis passait par une « période de transition très chahutée » et qu'il comptait se rétablir dès le second semestre. Le groupe prévoit pour cela une offensive de 20 nouveaux modèles avant la fin 2024 dont plusieurs électriques à moins de 25.000 euros (telles que la Fiat Grande Panda ou la Citroën C3). Après lui avoir coûté du cash au premier semestre, ces nouveaux modèles devraient relancer les ventes au deuxième, estime le directeur général. Pas sûr que cela change l'issue finale de janvier 2026.