Dotée d'une foncière qui construit, achète, rénove, et soutenue par une réduction d'impôt et une niche fiscale correspondantes, l'association fondée par le père Devert entend loger les plus faibles, contribuer à une ville dite « ouverte à tous » et proposer un accompagnement pour favoriser l'insertion sociale. Habitat et Humanisme vient de lancer une augmentation de son capital en hausse de 25% par rapport à l'an dernier.C'est l'histoire d'un professionnel de l'immobilier devenu prêtre et président d'une association luttant contre le mal-logement. En 1985, le Lyonnais Bernard Devert crée Habitat et Humanisme pour permettre aux ménages les moins aisés de pouvoir trouver un toit et d'être guidés dans leur vie quotidienne. Rapport après rapport, et année après année, la réalité ne change pas : 4 millions d'individus vivent dans des logements indignes voire insalubres et 300.000 demeurent sans-domicile-fixe, rappellent l'association et les chiffres de la fondation abbé Pierre.
Depuis trois à six ans, l'association revendique 30.000 familles logées dans 83 départements français, en Belgique et au Luxembourg. Aujourd'hui, elle compte 9.300 logements, 50 pensions de famille (structures de petite taille pour personnes isolées voire désocialisées, Ndlr), 42 maisons intergénérationnelles et 1.300 places d'accueil pour l'hébergement d'urgence, et en particulier pour les réfugiés.
Une foncière qui construit, achète et rénove
Son principal outil : une foncière qui construit, achète et rénove, financée par 9.000 actionnaires, majoritairement des personnes physiques ainsi que des fonds à impact et des fonds d'épargne sociale et solidaire. Sur une opération de promotion immobilière par exemple, ses investisseurs lui octroient un tiers des fonds propres, lorsque la Caisse des Dépôts ou tout autre acteur financier lui en prête 40% et les subventions lui apportent le reste à charge.
Grâce à cette société en commandite par action agréée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) comme entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS) et service d'intérêt économique général (SIEG), l'association espère recenser, d'ici à 2025, 12.000 logements, 75 pensions de famille - 350 logements par emplacement - , 75 maisons intergénérationnelles et 2.000 places d'accueil, s'étant positionnée pour reprendre d'anciens hôtels afin d'y aménager des centres d'hébergement d'urgence.