Crise du bâtiment : le coup de gueule d'un industriel face à la concurrence
César Armand
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Bernard Fournier, président de RAM, inspecte une pièce qui sort de sa presse.
C.A. pour La Tribune
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Bernard Fournier, président de RAM, inspecte une pièce qui sort de sa presse.
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À première vue, le siège de RAM à Wissous dans l'Essonne a toutes les caractéristiques du vieil entrepôt des années 1970 en tôle : une grande porte au pied de laquelle se garent les camions pour charger des centaines de cartons, un couloir sombre au papier peint jauni qui dessert quelques bureaux et salles de réunion, et une ligne de production qui se résume à dix machines alimentées en électricité.
Derrière cette première image un peu vieillotte, l'entreprise revendique la production annuelle de 30 millions de chevilles et fixations pour le bâtiment, avec 2 300 références différentes dont 500 fabriquées sur place et 400 certifiées « Origine France Garantie ». Fondée en 1971 par un chercheur spécialisé dans les tringles, la PME, initialement nommée Recherche appareils ménagers compte 50 salariés et fait travailler 100 personnes supplémentaires en (ré)insertion.
RAM est en effet porté par deux grands marchés : le sanitaire (50 % de l'activité mais beaucoup plus en volume) et l'électricité (les 50 % restants). « 8 électriciens sur 10 nous connaissent ! », s'exclame, tout de go, son président Bernard Fournier, 65 ans, actionnaire majoritaire depuis 2009. Après avoir fait carrière dans les travaux publics, l'amiante, le ciment, l'acier et le plastique, l'homme avait envie de « créer quelque chose pour dynamiser ces marchés et maîtriser la chaîne de valeur ».
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Sauf qu'aujourd'hui, le patron est en colère. S'il commercialise 80 % de ses produits sous sa marque, 20 % le sont sous le nom de ses distributeurs, type Rexel ou Saint-Gobain pour les plus connus. À l'écouter, ces derniers privilégient de plus en plus la concurrence chinoise ou européenne au détriment de son expertise hexagonale. Tant et si bien que Bernard Fournier s'est fendu, en mars dernier, d'une lettre au ton pour le moins salé.
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