Depuis 2020, la métropole nantaise connaît une crise du développement immobilier avec une production de logements neufs inférieure aux objectifs du Plan Local de l'Habitat (3 000 logements autorisés en 2023 pour un objectif de 6 000 logements par an). Cette situation s'explique par l'augmentation des prix du foncier, des coûts de construction et des taux d'intérêt à laquelle s'ajoute la pression citoyenne pour limiter la densification urbaine, d'après La Nantaise d'Habitations, la filiale d'Action Logement Immobilier qui dispose d'un parc de 14.000 logements et loge quelque 28.000 personnes en Loire-Atlantique. Surtout, elle produit 450 à 500 unités par an, avec 12,7 millions d'euros investis en fonds propres pour les opérations neuves en 2023.
Voilà trois à quatre ans que cette entreprise sociale pour l'habitat (ESH) nantaise voit se multiplier le nombre de recours déposés sur les permis de construire.
Fait nouveau. « Le nombre de recours augmente même dans des ZAC (Zone d'Aménagement Concerté) alors qu'il n'y a pas de nuisance » illustrant une opposition plus vive d'associations de protection du patrimoine. Une situation que la LNH dit avoir du mal à expliquer. « Fort de ce constat, nous avons regardé quelle réponse nous pouvions apporter pour limiter l'impact des recours sur nos activités et dans les communes. » Les conséquences n'étant d'ailleurs pas anodines sur l'allongement des calendriers et le budget. « Quand un permis de construire est attaqué, l'opérateur est bloqué mais aussi la commune qui doit se mobiliser pour pouvoir répondre par voix d'avocat. À Nantes, un projet a été a retardé de plus d'un an et demi. Le coût de construction a lui évolué de plus d'un million d'euros entre-temps », poursuit-il.