Auditionné par la Commission des affaires économiques du Sénat, François Marciano, directeur général du verrier Duralex, relancé fin juillet, a pointé la difficulté à reprendre une entreprise en France, notamment pour les candidats non chevronnés.Face aux sénateurs, François Marciano n'a pas pris de gants. Interrogé sur les conditions de la reprise de Duralex, le bilan des trois premiers mois sous le statut de Scop, et les perspectives de l'entreprise, célèbre pour ses verres Gigogne et Picardie, le directeur général a choisi la franchise plutôt que le politiquement correct. Ainsi, le sexagénaire, arrivé à la direction en 2016, a clamé haut et fort son principal motif d'étonnement, pour ne pas dire d'agacement, lors de la reprise de la société le 27 juillet dernier.
« Lorsqu'on est trentenaire et qu'on se lance dans une telle aventure, on ne sait pas où et à qui s'adresser. Si je n'avais pas eu quarante ans d'expérience derrière moi, mener la reprise de Duralex aurait été impossible. Ce n'est pas normal d'être ainsi lancé dans le grand bain, a déploré d'emblée François Mariano. Le parcours du combattant se poursuit ensuite avec les nécessités d'enregistrements de toutes parts, sans parler de l'aspect financier. J'ai dû faire immédiatement un chèque de 30 000 euros sur mes fonds propres, ce qui est souvent impossible pour un jeune candidat », raconte-t-il.
Rôle central des collectivités dans la reprise
Or, ce manque d'information et la lourdeur administrative trancheraient avec l'action efficace des collectivités de bords politiques opposés. Le directeur général a ainsi rendu un hommage appuyé à Orléans métropole et la Région Centre-Val de Loire. La première a ainsi racheté les 14 hectares de l'usine à la Chapelle-Saint-Mesmin dans l'agglomération orléanaise pour 5,5 millions d'euros. De son côté, l'exécutif régional a voté une avance exceptionnelle d'un million d'euros pour consolider la trésorerie de Duralex. « Quand il s'agit de sauver une marque aussi iconique et près de 230 emplois, le territoire a fait corps et c'est très encourageant, s'est félicité François Marciano devant les parlementaires de la commission. L'entreprise sera à la hauteur de cet engagement financier et de cette marque de confiance avec un plan économique réaliste : 40 millions d'euros et 12% d'excédent brut d'exploitation d'ici 2029 ». Les perspectives de recettes en 2024 sont de 27 millions d'euros (dont 80% à l'export).