La survie du gouvernement et du budget 2025 sont en jeu. Cela risque de stopper net la baisse des crédits immobiliers entamée il y a un an, voire les faire repartir à la hausse.« Les gens qui ont une offre de prêt aujourd'hui feraient mieux de signer tout de suite ». La mise en garde de la directrice de la communication de Meilleurtaux, Maël Bernier, ne peut pas être plus claire. Après une flambée des taux de crédit immobilier en 2022 et 2023, l'année 2024 a été celle du dégonflement. Les taux sont passés de 4,28% sur 20 ans fin 2023 à 3,33% en novembre, selon le courtier Cafpi, retrouvant ainsi leur niveau de juin 2023.
Une amélioration due à la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne - passés de plus de 4% à une fourchette entre 3,25% et 3,6% en octobre dernier - et « à des efforts des banques qui ont toutes envie de prêter pour attirer les clients », explique la courtière Maël Barnier.
De quoi provoquer un ouf de soulagement pour les aspirant propriétaires. « Le cumul de la baisse des taux et des prix profite pleinement au pouvoir d'achat immobilier des emprunteurs. Entre novembre 2023 et novembre 2024, les emprunteurs peuvent acquérir 11,43m² supplémentaires à Nantes, 9,66m² en plus à Toulouse et 9,01m² à Reims. Même à Paris, il est aujourd'hui possible d'acheter 3,04m² en plus qu'il y a un an», explique la directrice générale du courtier Cafpi, Caroline Arnould, dans une note.
D'une crise politique à une crise des taux de crédit?
La situation pourrait cependant rapidement s'inverser. Alors que les partis politiques menacent de censurer le gouvernement, le budget 2025 est menacé. « Cela voudra dire qu'on ne pourra plus mettre en place les mesures pour redresser nos comptes, que notre déficit public continuera de se creuser et que le coût de notre dette continuera d'augmenter », avait mis en garde le ministre du Budget Laurent Saint-Martin fin novembre.