Real Estech : WeMaintain, l'ascensoriste qui monte

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La start-up WeMaintain au grand complet.
La start-up WeMaintain au grand complet. (Crédits : DR)
Remarquée dans le livre blanc 2019 de la Real Estech, la startup WeMaintain ambitionne de devenir la première plateforme nationale et internationale à mettre en relation directe les gestionnaires de parcs immobiliers et les ascensoristes.

Près de 100 millions de trajets par jour. L'automobile en France ? Eh bien non, il s'agit des données de la gestion des ascenseurs rien que dans l'Hexagone, avec un marché de 1,5 milliard d'euros. La start-up WeMaintain est ainsi née de cette rencontre entre deux Français expatriés à Shanghaï : Jade Francine, juriste en cabinet d'avocat d'affaires, qui voit alors « beaucoup d'argent s'investir dans des projets qui n'ont pas trop de fond »  lorsqu'un compatriote, son futur co-fondateur, vient lui présenter le sien.

« C'est une industrie où il y a peu d'innovation et de concurrence, explique le désormais président de WeMaintain Benoît Dupont, aujourd'hui, il y a une chaîne de personnes entre le gestionnaire et le technicien : souvent, le commercial, le contremaître et le chef d'équipe ».

Or, les ascenseurs tombent en panne en moyenne trois fois par an et les interventions se réalisent très souvent dans le stress et l'urgence.

Un quart des ascenseurs français a plus de 40 ans

En mettant en relation directe le gestionnaire et le technicien, la jeune pousse assure ainsi faire gagner du temps et de l'argent à toutes les parties prenantes.

« Les gestionnaires de biens immobiliers rencontrent les mêmes problématiques partout dans le monde, assure la directrice des opérations Jade Francine, des contrats annuels pour lesquels on ne sait pas bien ce qui est fait, de la maintenance sans visibilité alors qu'un quart du parc français a plus de 40 ans et nécessite des travaux, et des surcoûts pour le client final. »

Concrètement, WeMaintain propose aux syndics et autres acteurs de créer un compte en deux clics : ils rentrent l'adresse du ou de leurs biens et enregistrent le nombre d'ascenseurs. Un technicien, formé en interne aux techniques commerciales, vient faire une pré-visite gratuite, propose un montant de contrat, via un algorithme, et suggère des travaux. Le client n'a plus qu'à signer électroniquement s'il le souhaite.

Une commission sur chaque contrat de maintenance

De leur côté, les opérateurs travaillent en EURL, ont minimum dix ans d'expérience et doivent être passés par deux entreprises avant de rejoindre le vivier de l'ascensoriste. Après avoir choisi leur zone géographique, ils prennent des photos sur place, rédigent leur compte-rendu et planifient leur prochain rendez-vous, en général six semaines plus tard.

Assurés par Axa, les ascensoristes travaillent pour des grands comptes comme cet assureur, le groupe de protection sociale AG2R-La Mondiale ou encore l'administrateur de biens Foncia.

Si les professionnels sont payés directement, comment la startup vit-elle ? « Nous nous rémunérons via une commission sur chaque contrat de maintenance, répond Jade Francine. Ça permet de doubler le salaire du technicien pour un nombre d'ascenseurs raisonnable à maintenir. S'il perd un client en revanche, c'est sur son chiffre d'affaires. »

1,8 million d'euros levés en 2018

Outre la plateforme de contact et l'algorithme déterminant le prix de la prestation, il semble que les outils numériques soient peu présents.

« Le métier n'est pas remplaçable par une machine, rétorque Benoît Dupont. 75% des tâches ne sont pas automatisables. Si les majors mettent des capteurs et des objets connectés, cela ne touche que 25% du travail. »

Avec Tristan Foureur, directeur technique informatique et troisième co-fondateur, ainsi qu'avec Jade Francine, le président de WeMaintain, qui a levé 1,8 million d'euros en février 2018, ambitionne de devenir la première plateforme française et mondiale du genre. Et ce, sur un marché où quatre multinationales - Otis, Schindler, Thyssen et Koné - se partagent la plus grosse part du gâteau estimée à 35 milliards de dollars.

Un an et demi après leur lancement, les trois startuppers demeurent encore et toujours secrets sur l'étendue de leur parc. Seul chiffre qu'ils consentent à donner : un terrain de jeu francilien estimé à 225.000 ascenseurs, dont 96% dans l'existant et 4% dans le neuf.

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