Départ surprise du patron d'Ipsen
Audrey Thonnelier
Audrey Thonnelier
Coup de théâtre chez Ipsen. Le laboratoire tricolore a annoncé lundi le départ de son PDG Jean-Luc Bélingard. 62 ans. Il sera remplacé dès le 22 novembre par Marc de Garidel, l'actuel patron Europe de la biotech américaine Amgen. En cause, des «divergences stratégiques» entre le dirigeant, en poste depuis neuf ans, et le conseil d'administration. Le tout dans «un contexte de profonde mutation du marché pharmaceutique et après les investissements importants réalisés ces dernières années à l'international» précise la société dont les ventes ont dépassé le milliard d'euros en 2009.
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«Jean-Luc Bélingard souhaitait accélérer le développement d'Ipsen en médecine de spécialité [60% des ventes, ndlr]. Le Conseil trouvait que les choses allaient trop vite après les acquisitions aux États-Unis ces derniers années» explique-t-on dans l'entourage du dirigeant. Connu pour son médicament Smecta, Ipsen avait acquis mi-2008 les américains Tercica (endocrinologie) et Vernalis (neurologie) pour 490 millions de dollars. Début 2010, il avait signé un partenariat avec la biotech californienne Inspiration, spécialiste de l'hémophilie, valorisée 425 millions de dollars. Un montant jugé élevé. D'autant que, dès mars 2010, Ipsen lançait un «profit warning», renonçant à son objectif de 300 millions de dollars de revenus outre-Atlantique pour 2012. En juin, c'est un revers sur un potentiel blockbuster, le taspoglutide, qui a fait chuter l'action en Bourse. Depuis janvier, celle-ci a perdu 35%. A Marc de Garidel reviendra la charge de «porter la stratégie du groupe pour consolider sa présence aux États-Unis et dans les pays émergents». Ipsen promet un point sur sa stratégie «en 2011». Il devra vraisemblablement s'expliquer plus tôt.
Audrey Thonnelier
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