La crise rattrape la chimie allemande
Pauline Houédé, à Berlin
Pauline Houédé, à Berlin
Au tour de la puissante chimie allemande, troisième secteur économique du pays, de vaciller. Après un deuxième trimestre nettement plus difficile qu'en début d'année, avec un recul de la production de 2,8 %, la fédération du secteur VCI (Verband der Chemischen Industrie) a revu mercredi ses prévisions pour 2012 : la production devrait chuter de 3 % sur un an, et le chiffre d'affaires de la branche stagner à 184 milliards d'euros, grâce à une forte hausse des prix (+2,5 %). La VCI tablait pourtant dans son dernier rapport trimestriel en mai sur une hausse des ventes de 1%, à 186 milliards d'euros, et une stagnation de la production en 2012.
En cause : la crise de la dette, et le ralentissement de la production industrielle européenne, qui s'est traduit par la réduction des commandes de produits chimiques. Les industriels jouent la carte de la prudence et préfèrent puiser dans leurs stocks. Le chiffre d'affaires du secteur a ainsi reculé de 0,5 %, à 45,2 milliards d'euros, au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent. C'est la production de polymères, utilisés dans le secteur du plastique, qui a accusé le plus grand repli au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent (- 6,7 %).
Baromètre de l'industrie
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Véritable baromètre de la santé de l'industrie, le secteur pâtit donc du ralentissement économique en Europe, son premier marché. Plus de 60 % de l'ensemble des exportations allemandes de produits chimiques étaient en 2011 destiné au marché des européen, selon les chiffres fournis par la VCI. La fédération lorgne du côté des marchés chinois et sud-américain pour compenser la faiblesse de l'économie en Europe du Sud, mais le ton reste pessimiste : "Nous allons devoir pour l'instant remettre à plus tard nos espoirs d'expansion stable de l'activité du secteur de la chimie", indique dans le communiqué le président de la VCI, Klaus Engel, également à la tête du groupe Evonik situé dans la Ruhr. Toutefois, à 84 %, le taux d'utilisation des capacités de production des usines chimiques outre-Rhin, reste enfin quant à lui encore à un bon niveau.
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