La chimie française s'inquiète du ralentissement économique de l'Allemagne et de l'Italie

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Si les industriels du secteur se félicitent de la baisse de l'euro amorcée au second semestre, ils restent exposés à la situation internationale, marquée par la concurrence accrue de l'Asie, mais aussi des Etats-Unis.
Si les industriels du secteur se félicitent de la baisse de l'euro amorcée au second semestre, ils "restent exposés à la situation internationale", marquée par la "concurrence accrue" de l'Asie, mais aussi des Etats-Unis. (Crédits : Reuters)
Grâce au rebond de l'automobile européenne, l'industrie chimique s'attend désormais à une croissance de 1,9% en volume, en 2014, alors qu'il tablait sur une croissance de 1,3%. Mais, malgré le bond des ventes aux Etats-Unis (+8,6%) sur les neufs premiers mois de l'année, le secteur attend avec impatience un signal positif de ses "deux premiers client européens".

EN HAUSSE. La chimie française a relevé jeudi 27 novembre ses prévisions de croissance pour 2014, grâce au rebond de l'industrie automobile européenne et malgré un ralentissement de l'activité perçu depuis l'été. Le secteur s'attend désormais à une croissance de 1,9% en volume, alors qu'il tablait sur une croissance de 1,3%, identique à celle de 2013, lors de la présentation en mars de ses perspectives annuelles. Pour l'année prochaine, la chimie prévoit une croissance similaire de 1,9%.

Demande de produits chimiques

Le président de l'Union des industries chimiques (UIC), Philippe Goebel, cité dans un communiqué, affirme :

"L'industrie chimique en France continue à faire preuve de dynamisme et de réactivité dans un contexte national et européen qui reste difficile".

Cette année, "l'industrie chimique a profité d'une amélioration de ses débouchés, en particulier du secteur automobile", a précisé l'UIC, qui souligne que le rebond de cette industrie a "permis une légère amélioration de la demande en produits chimiques". Elle a également bénéficié d'une base de comparaison favorable en début d'année avec "une reprise effectuée sur des niveaux d'activité très faibles du début de l'année 2013", a expliqué l'UIC, qui reste prudente après avoir perçu "un ralentissement des perspectives d'activité en France et en Europe depuis l'été dernier".

Concurrence de l'Asie et des Etats-Unis

Si les industriels du secteur se félicitent de la baisse de l'euro amorcée au second semestre, ils "restent exposés à la situation internationale", marquée par la "concurrence accrue" de l'Asie, mais aussi des Etats-Unis qui disposent d'une énergie plus avantageuse "du fait de l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels", a rappelé la fédération.

L'UIC pointe aussi la "situation incertaine en Russie" et le "ralentissement économique de l'Allemagne et de l'Italie, les deux premiers clients européens" de la chimie française, qui exporte près des deux tiers de son activité vers l'Union européenne. Le secteur "souffre de la reprise plus tardive que prévu de la zone" euro, avec pour conséquence une hausse de seulement 1% de ses exportations sur les neuf premiers mois de l'année, malgré le dynamisme des ventes en direction des Etats-Unis qui ont bondi de 8,6% pendant la même période.

Excédent commercial de 6,3 milliards d'euros

L'excédent commercial de l'industrie chimique française est en hausse sur les 9 premiers mois de 2014 à 6,3 milliards d'euros, mais l'UIC attribue cette augmentation au "net recul des importations" sur un marché national "atone". "Compte tenu de la faible progression de la demande intérieure, le premier moteur de la croissance de l'industrie chimique en France devrait être la reprise de l'activité en Europe ainsi que sur les marchés américains et asiatiques", a pronostiqué l'UIC.

Pour l'industrie chimique, la baisse récente du prix du pétrole constitue "un signe encourageant (...) si elle se confirmait. Elle "contribuerait positivement à réduire l'écart de compétitivité, mais resterait insuffisante face à la concurrence mondiale", a toutefois prévenu la fédération.

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