Après s'être fait souffler les biotechs Medivation et Actelion par Pfizer et Johnson & Johnson, Sanofi est en passe de mettre la main sur Protein Sciences, spécialiste des vaccins contre la grippe, pour quelques centaines de millions d'euros. Le géant français tarde à réaliser une opération majeure, notamment pour développer son activité oncologie.
Voilà longtemps que le numéro 1 français de l'industrie pharmaceutique n'avait pas réalisé une acquisition. Mardi 11 juillet, Sanofi a annoncé être sur le point de racheter Protein Sciences, une biotech américaine spécialisée dans les vaccins contre la grippe, notamment. Sanofi a obtenu l'aval du Conseil d'administration et des actionnaires de la société. Il ne lui manque plus que le feu vert des autorités de régulation. L'acquisition devrait être finalisée au troisième trimestre. Le montant de la transaction grimpe à 650 millions de dollars, et pourrait atteindre 750 millions d'euros au total.
Avec cette transaction, le groupe suit l'un des axes de sa feuille de route stratégique (plan 2015-2020) en renforçant son activité vaccins. Pourtant, cette annonce n'a pas déclenché l'enthousiasme des investisseurs. Le cours de Sanofi reculait même de 0,56% à 15h20, en Bourse. Il faut dire que cette transaction est modeste par rapport aux ambitions affichées par le laboratoire. Sanofi n'est toujours pas parvenu à effectuer un rachat conséquent, qui pourrait être synonyme de fort relais de croissance.
Le groupe pharmaceutique bataillerait notamment pour racheter Tesaro, une biotech américaine spécialisée en oncologie, avec notamment des traitements avancés contre le cancer de l'ovaire. Pour y parvenir, le géant français devrait mettre dix milliards de dollars sur la table selon les analystes (Tesaro vaut plus de sept milliards de dollars en termes de capitalisation boursière), et se défaire de la concurrence de Gilead, un autre géant pharmaceutique, lui aussi en quête de nouveaux relais de croissance, et particulièrement motivé pour développer son activité en oncologie.