Après deux énormes deals ratés, Sanofi réalise une acquisition modeste

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Avec cette transaction, le groupe suit l'un des axes de sa feuille de route stratégique (plan 2015-2020) en renforçant son activité vaccins.
Avec cette transaction, le groupe suit l'un des axes de sa feuille de route stratégique (plan 2015-2020) en renforçant son activité vaccins. (Crédits : Reuters/Christian Hartmann)
Après s'être fait souffler les biotechs Medivation et Actelion par Pfizer et Johnson & Johnson, Sanofi est en passe de mettre la main sur Protein Sciences, spécialiste des vaccins contre la grippe, pour quelques centaines de millions d'euros. Le géant français tarde à réaliser une opération majeure, notamment pour développer son activité oncologie.

Voilà longtemps que le numéro 1 français de l'industrie pharmaceutique n'avait pas réalisé une acquisition. Mardi 11 juillet, Sanofi a annoncé être sur le point de racheter Protein Sciences, une biotech américaine spécialisée dans les vaccins contre la grippe, notamment. Sanofi a obtenu l'aval du Conseil d'administration et des actionnaires de la société. Il ne lui manque plus que le feu vert des autorités de régulation. L'acquisition devrait être finalisée au troisième trimestre. Le montant de la transaction grimpe à 650 millions de dollars, et pourrait atteindre 750 millions d'euros au total.

Sanofi va ainsi renforcer son portefeuille vaccin. Cette activité, qui a rapporté plus de 4,5 milliards d'euros en 2016 au laboratoire, enregistre une croissance annuelle de 8,8%. Et ce, notamment grâce à ses vaccins contre la grippe. Ils ont généré 1,52 milliard d'euros, une année record pour le groupe, avec une croissance de 16,6%. Sanofi mise sur le Flublok, produit phare de Protein Sciences, délivré à plus de 1 million de doses par an. La biotech génère autour de 31 millions de dollars par an, selon les derniers chiffres qu'elle a rendus publics.

Manque d'enthousiasme des investisseurs

Avec cette transaction, le groupe suit l'un des axes de sa feuille de route stratégique (plan 2015-2020) en renforçant son activité vaccins. Pourtant, cette annonce n'a pas déclenché l'enthousiasme des investisseurs. Le cours de Sanofi reculait même de 0,56% à 15h20, en Bourse. Il faut dire que cette transaction est modeste par rapport aux ambitions affichées par le laboratoire. Sanofi n'est toujours pas parvenu à effectuer un rachat conséquent, qui pourrait être synonyme de fort relais de croissance.

Il a été devancé par Johnson & Johnson qui s'est emparé de la biotech suisse Actelion pour 30 milliards de dollars, en janvier. Et le désir de Sanofi de "rebâtir une position concurrentielle" en oncologie n'est pas satisfait. Ce dernier avait fait quelques mois plus tôt de la société Medivation une "priorité". Malgré les dix milliards de dollars mis sur la table et l'ultimatum lancé contre la direction de la biotech américaine, Pfizer a réussi à mettre la main sur celle-ci, l'année dernière. Sanofi espérait notamment mettre la main sur le Xtandi de Medivation, un traitement contre le cancer de la prostate générant autour de deux milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel.

Bientôt un deal à plusieurs milliards de dollars ?

Si Serge Weinberg, président de son Conseil d'administration de Sanofi assurait en mai, lors de l'assemblée générale, qu'il n'y a pas de "nécessité absolue" de réaliser des acquisitions, il a confirmé que des opérations de croissance externe étaient à l'étude.

Le groupe pharmaceutique bataillerait notamment pour racheter Tesaro, une biotech américaine spécialisée en oncologie, avec notamment des traitements avancés contre le cancer de l'ovaire. Pour y parvenir, le géant français devrait mettre dix milliards de dollars sur la table selon les analystes (Tesaro vaut plus de sept milliards de dollars en termes de capitalisation boursière), et se défaire de la concurrence de Gilead, un autre géant pharmaceutique, lui aussi en quête de nouveaux relais de croissance, et particulièrement motivé pour développer son activité en oncologie.

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