Il apparaît comme un des dossiers en suspens sur le bureau du prochain ministre de la Santé du gouvernement Barnier : l'accélération du processus d'autorisation de mise sur le marché du cannabis à usage thérapeutique. Ne reste plus que la transmission à la Commission européenne des deux arrêtés et du décret encadrant la culture et la distribution des produits, pour s'assurer de la conformité au droit européen. Si les textes sont prêts depuis mai dernier, l'absence de titulaire au ministère de la Santé depuis la dissolution de juin dernier a freiné la navette vers Bruxelles.
«Ce retard, de l'ordre de six mois, aura pour conséquence de repousser le calendrier des premières demandes d'autorisation au 1er janvier 2025, estime Hugues Péribère, président fondateur de la start-up Overseed, l'un des deux principaux fabricants français de cannabis thérapeutique.La commercialisation devrait ainsi débuter au second semestre de l'année prochaine».
Après le feu vert donné en 2019 par la majorité parlementaire de l'époque à trois phases d'expérimentations, menées entre 2020 et cette année par l'ANSM, la dernière loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2024 a entériné le remboursement des traitements à base de cannabis dans cinq types de pathologies graves, sans thérapie alternatives. Il s'agit des douleurs neuropathiques, de certaines formes d'épilepsies, de symptômes liés au cancer, des soins palliatifs, et enfin, des douleurs musculaires dues à des maladies du système nerveux (sclérose en plaques, notamment).