Les titres GSK et AstraZeneca ont atteint des sommets en Bourse, bénéficiant notamment de la baisse de la valeur de la livre britannique par rapport à celle du dollar. Les deux géants pharmaceutiques restent vigilants sur les incertitudes réglementaires post-Brexit.
Il faut dire qu'en dépit du choix des Britanniques de sortir de l'Union européenne, les titres de GSK, 7e laboratoire pharmaceutique mondial et d'Astrazeneca, 8e groupe pharmaceutique, se portent bien à la Bourse de Londres. L'action de ce dernier est passée de 3846,22 pence à plus de 5120 pence entre le 23 juin et le 12 août, soit une hausse de 33%. Elle a atteint un plus haut historique au début du mois.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
"L'affaiblissement de la livre sterling a eu un impact de conversion bénéfique sur les résultats du groupe", a annoncé le groupe britannique lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, le 27 juin. Il a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 11% grâce à l'effet de change. Dans le document financier, ce dernier reste toutefois "attentif aux suites du Brexit et aux incertitudes que celui-ci peut entraîner sur ses activités".
275 millions de livres investis sur le territoire par GSK
Malgré ces incertitudes, GSK a assuré que le Royaume-Uni restait suffisamment attractif pour y investir. Le labo pharmaceutique a d'ailleurs annoncé fin juillet un investissement de 275 millions de livres (318 millions d'euros) dédié au développement d'unités de production sur le territoire. Le groupe expliquait à la BBC le 27 juillet: "Nous pensions qu'un vote pour le Brexit créerait une incertitude et un changement potentiel réglementaire qui est inutile de notre point de vue." Et d'ajouter:
"Mais l'attractivité en termes de forces économique du Royaume-Uni et son environnement fiscal n'ont pas changé, voilà pourquoi nous croyons que cet investissement est logique."
GSK et AstraZeneca accélèrent dans le lobbying
Les groupes pharmaceutiques britanniques restent toutefois sur le qui-vive. Andrew Witty et Pascal Soriot, respectivement patrons de GSK et d'AstraZeneca vont conseiller le gouvernement sur les principales priorités à donner pour le secteur des sciences de la vie après le Brexit, annonce la revue spécialisée The Pharmaceutical Journal, le 8 juillet.
Car les deux laboratoires pharmaceutiques partagent plusieurs craintes avec les autres industriels de la santé, notamment l'avenir de la réglementation sur les essais cliniques, ou encore la délocalisation prévue de l'Agence européenne des médicaments, organisme chargé d'étudier les demandes d'autorisation de mise sur le marché européen des médicaments.