Carmat au bord du gouffre : le risque de cessation des paiements fait plonger le titre
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Coeur artificiel produit par le fabricant francais Carmat.
CHRISTIAN HARTMANN
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Coeur artificiel produit par le fabricant francais Carmat.
CHRISTIAN HARTMANN
Le concepteur français du cœur artificiel total Aeson, Carmat, est confronté à une situation financière d'une gravité inédite. L'action de l'entreprise a dévissé de manière spectaculaire ce lundi matin à la Bourse de Paris, s'effondrant de 64,15 % pour atteindre 0,28 euro vers 12 h 10. Cette chute libre intervient après l'annonce, vendredi soir, d'un risque imminent de cessation des paiements dès la fin du mois de juin, si des financements complémentaires ne sont pas rapidement obtenus.
L'onde de choc est d'autant plus forte que ce plongeon boursier marque la pire journée jamais enregistrée par le groupe français depuis sa création. Les investisseurs réagissent avec une extrême prudence face à l'urgence de la situation, soulignant la fragilité de la trésorerie de l'entreprise.
Carmat a clairement indiqué ses besoins : environ 3,5 millions d'euros sont nécessaires de manière immédiate pour éviter la cessation des paiements dès la fin du mois. Ce montant est jugé vital pour assurer la continuité des opérations et maintenir l'entreprise à flot. Au-delà de cette échéance critique de juin 2025, les besoins de financement à douze mois s'élèvent à environ 35 millions d'euros, dont une tranche de près de 20 millions d'euros attendue d'ici à la fin de l'année.
Ces chiffres mettent en lumière l'ampleur du défi financier auquel est confronté Carmat, une entreprise à la pointe de l'innovation médicale, mais dont le modèle économique reste lourd en matière de dépenses de recherche, développement et production. La quête de ces fonds complémentaires représente une course contre la montre pour les dirigeants de l'entreprise.
Les difficultés actuelles sont d'autant plus préoccupantes qu'elles surviennent à un moment où Carmat semblait montrer des signes de redressement sur le plan opérationnel.
L'analyste a d'ailleurs suspendu sa recommandation sur le titre, dans l'attente d'une meilleure visibilité sur la capacité de l'entreprise à surmonter cette crise.
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La fin de l'étude Eficas, un jalon clinique majeur, avait pourtant été perçue comme un signe positif, laissant entrevoir la possibilité d'une amélioration de la trajectoire commerciale de l'Aeson. Cependant, sans les liquidités nécessaires, la pérennité de ces avancées est gravement compromise. La situation de trésorerie est jugée « très préoccupante » par les observateurs du marché, qui craignent un effet domino sur la confiance des partenaires et des potentiels investisseurs.
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(Avec Reuters)
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