Cette biotech qui vaut près de 3 milliards de dollars sans chiffre d'affaires ni médicament

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Il ne fait aucun doute que la biotechnologie est le seul domaine du marché des entrées en Bourse où il ya des signes qui rappellent la bulle Internet, anlyse notamment Kathleen Smith, membre de Renaissance Capital, société spécialisée dans la gestion des entrées en Bourse.
"Il ne fait aucun doute que la biotechnologie est le seul domaine du marché des entrées en Bourse où il ya des signes qui rappellent la bulle Internet", anlyse notamment Kathleen Smith, membre de Renaissance Capital, société spécialisée dans la gestion des entrées en Bourse. (Crédits : Reuters)
Une bulle sur les biotechs, comparable à la bulle Internet qui éclata au printemps 2000? Certains n'hésite plus à évoquer cette sombre perspective, au regard des affolantes - et inquiétantes - performances de la startup Axovant.

Axovant, qui développe un traitement pour soigner la maladie d'Alzheimer, attend que celui-ci soit approuvé, ce qui devrait se produire vers la fin de l'année... 2017.

Malgré cette perspective plutôt lointaine, elle a suscité un enthousiasme incroyable de la part des investisseurs lors de son introduction au New York Stock Exchange (NYSE), jeudi 11 juin: elle a vendu pas moins de 21 millions d'actions au prix de 15 dollars l'unité, pour un montant total de 315 millions de dollars (281 millions d'euros). Une transaction record lors d'une entrée en Bourse pour une biotech qui pour l'instant ne génère aucun chiffre d'affaires, selon les statistiques de Bloomberg. Mieux - ou pire - elle signe la plus grosse introduction en Bourse de l'histoire des biotechs, note également le site CNBC.

Quand GSK se sépare d'une pillule expérimentale...

Ce qu'il faut savoir, c'est que ces 21 millions d'actions ne sont qu'une partie des 100 millions de parts de la société. Et que, à la clôture du NYSE jeudi 11 juin, la valeur de ces 100 millions d'actions a doublé.

A ce moment-là, la biotech jouissait d'une capitalisation de 2,87 milliards d'euros sur le marché, au lendemain de son entrée en Bourse, la valeur des 100 millions d'actions étant passé de 15 dollars l'unité lors de l'entrée à 29,90 dollars lors de la fermeture, jeudi, quasiment le double. Vendredi à 10h40 (heure américaine), elle retombait toutefois à 26,5 dollars.

Derrière cette performance, se cache Vivek Ramaswamy. Âgé de 29 ans et ancien gérant de hedge fund, il a racheté une pillule expérimentale à GSK pour seulement 5 millions de dollars. Elle représente aujourd'hui le seul actif d'Axovant. Ce médicament prometteur est capable de ralentir le déclin des fonction cognitives, d'après les tests en cours. Pour le moment, le médicament est en phase 3 de développement, c'est-à-dire la dernière étape avant l'autorisation sur le marché.

L'histoire se résume à trois chiffres: achat d'une molécule pour 5 millions de dollars, introduction en Bourse qui rapporte 315 millions de dollars, et valorisation totale qui grimpe à 2,7 milliards de dollars.

+45% en un an pour le Nasdaq Biotech: vous avez dit bulle ?

Que se passe-t-il donc avec ces biotechs aux valorisations explosives? Un indice, qui regroupe les actions de biotech fabriquant des médicaments, explique que leur capitalisation sur le marché boursier américain a augmenté de 50% en 12 mois.

Et le Nasdaq Biotech Index (mesure de la capitalisation boursière des biotechs), lui, a grossi de 45% en un an. Sans oublier un facteur qui a bien boosté le marché: la générosité de l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA), qui a approuvé 41 médicaments l'année dernière, un record depuis 1996!

Les investisseurs sont également encouragés par l'innovation dans la santé. De plus en plus de biotechs développent des médicaments ou technologies particulièrement innovantes comme ces algorithmes capables d'identifier des gênes responsables des maladies grâce au séquençage ADN.

Mais les spécialistes craignent l'arrivée d'une bulle. "Il ne fait aucun doute que la biotechnologie est le seul domaine du marché des entrées en Bourse où il y a des signes qui rappellent la bulle Internet", analyse notamment Kathleen Smith, membre de Renaissance Capital, société spécialisée dans la gestion des entrées en Bourse.

Et de préciser, pour le Financial Times:

"Ceux qui investissent dans les biotechs avec des risques évidents le font car en achetant un portefeuille d'action dans ces dernières, on continue d'engranger une croissance. On n'est pas encore dans des investissements à perte."

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Commentaires
a écrit le 13/06/2015 à 14:38 :
Cette bulle correspond à l'attente de ceux qui savent que les traités que veut imposer l'administration américaine contiennent des provisions très fortes sur l'industrie médicale, leur assurant une rente globale et un oligopole de fait. Du coup, toute entreprise du secteur voit sa valorisation augmenter fortement. Quant aux pays concernés par les traités, il suffit de voir comment en France on est en train d'imposer la mise en place de mutuelles et leur schema de fonctionnement pour comprendre qu'il s'agit de la mise en conformité de notre système pour le rendre ouvert à ces "avancées" oligopolistiques.

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