France déconfinée au 2 mai : c'est oui... si le "freinage des cas" se transforme en vraie décrue

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Selon Gabriel Attal, le chef de l'État devrait annoncer lui-même ces modalités de réouverture d'ici la première semaine de mai.
Selon Gabriel Attal, le chef de l'État devrait annoncer lui-même ces modalités de réouverture d'ici la première semaine de mai. (Crédits : Reuters)
Le conseil de défense tant attendu a décidé de maintenir son objectif de lever progressivement les restrictions en mai. Pour cela, il s'appuie sur les progrès du programme de vaccination et sa conviction que la baisse des contaminations va se poursuivre. Mais, à nouveau, la lecture de la situation reste incertaine. Ainsi, à Paris, la cheffe de service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine insiste pour parler de "freinage de l'augmentation des cas" et non d'une "diminution du nombre de personnes hospitalisées". Tandis que l'épidémiologiste Antoine Flahaut relève qu'"on voit clairement une baisse notable dans un grand nombre de régions". Le chef de l'État devrait annoncer lui-même les modalités définitives de réouverture d'ici à la première semaine de mai.

L'exécutif maintient, en dépit d'une décrue encore fragile de l'épidémie, son objectif de lever progressivement les restrictions en mai, en supprimant la limite des 10 km le 2 mai au soir et en rouvrant les terrasses mi-mai, grâce à l'accélération de la vaccination.

Sur tout le territoire, "il apparaît que nous pourrions être au pic, ou proches de l'être", a souligné le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'issue des Conseils de défense et des ministres mercredi.

Le calendrier tracé fin mars par le président Emmanuel Macron reste "la base de travail" selon M. Attal, et le chef de l'État devrait annoncer lui-même ces modalités de réouverture d'ici la première semaine de mai, a indiqué une source proche de l'exécutif à l'AFP.

L'exécutif espère fortement que la baisse va se poursuivre

L'exécutif prévoit ainsi d'alléger éventuellement le couvre-feu et de rouvrir à partir de mi-mai les commerces non alimentaires et lieux de culture, avec des jauges réduites. Des adaptations territoriales sont à l'étude, avec une jauge plancher de 35% dans les lieux de culture, qui varierait en fonction de la circulation du virus.

Le choix de l'exécutif concernant la levée progressive des restrictions reflète sa conviction que le nombre de contaminations tombera autour de 20.000 par jour d'ici un mois et que l'objectif des 20 millions de vaccinés avec au moins une dose, prévu mi-mai, sera atteint.

Le "R0" sous "0,9" mais la décrue reste à confirmer

Mais la décrue est encore lente et reste à confirmer, rappellent le ministère de la Santé et plusieurs experts.

"À ce stade, l'épidémie recule deux fois moins rapidement qu'en novembre", et "la pression hospitalière reste extrêmement forte", a souligné M. Attal, pointant d'importantes disparités territoriales.

Depuis cinq jours, "nous amorçons une décroissance de l'épidémie" de coronavirus, qui a emporté plus de 101.500 personnes depuis un an, avait souligné mardi le ministre de la Santé Olivier Véran dans une interview au Télégramme. "On était monté à 40.000, on est aujourd'hui aux alentours de 33.000 cas chaque jour en moyenne".

"On voit clairement une baisse notable dans un grand nombre de régions", a confirmé l'épidémiologiste Antoine Flahaut sur RTL.

Le taux de reproduction (R0) du virus, indicateur-clé correspondant au nombre de personnes infectées pour un seul malade, est "passé sous les 0,9", relève ce médecin, prédisant que la baisse s'accentuera dans les jours qui viennent.

C'est plutôt "un freinage de l'augmentation des cas"

Néanmoins, quelque 43.000 nouvelles contaminations ont été répertoriées mardi, selon Santé publique France. "La descente n'est pas encore suffisamment rapide", avertit Olivier Véran, parlant d'une situation "fragile".

La professeure Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris, a jugé sur franceinfo que parler de "décroissance de l'épidémie" est "un peu trop enthousiaste", préférant évoquer "un freinage de l'augmentation des cas" et non "une diminution du nombre de personnes hospitalisées".

La tension reste très forte sur le système de santé

La tension sur le système de santé ne faiblit pas: la France comptait 31.086 patients hospitalisés, dont presque 6.000 en soins intensifs. Le niveau est inférieur au pic de la première vague en avril 2020 (7.000), mais supérieur à celui de la deuxième.

"Ce serait trop prématuré d'ouvrir le pays aujourd'hui", avertit pour sa part le Pr Flahaut, favorable à trois semaines supplémentaires de semi-confinement.

Pourtant les vacances scolaires s'achèvent bientôt et les élèves du primaire (entre 6 et 11 ans) doivent retourner en classe le 26 avril, collégiens et lycéens le 3 mai. L'exécutif réfléchit notamment à déployer massivement à la rentrée des autotests des élèves.

La levée des restrictions est espérée avec une impatience mêlée d'inquiétude par les commerçants ou restaurateurs, ces derniers cumulant environ huit mois de fermeture depuis le début de la pandémie il y a plus d'un an.

Emmanuel Macron s'est félicité lors d'une réunion "vaccins" mardi soir à l'Elysée que la campagne vaccinale "s'accélère" avec près de 18 millions de doses déjà injectées. Il a estimé que l'important était "de savoir comment on maintient ce rythme", notamment en raison de "difficultés pour convaincre sur l'AstraZeneca", dont l'administration a provoqué des cas rares de caillots sanguins.

Gabriel Attal a par ailleurs annoncé que l'Inde rejoignait la liste des pays en provenance desquels les voyageurs devront obligatoirement s'isoler dix jours à leur arrivée en France, aux côtés du Brésil, du Chili, d'Argentine et d'Afrique du Sud, et du département de Guyane.

Le gouvernement tiendra une conférence de presse jeudi au cours de laquelle il abordera les sujets des frontières, des écoles, de la campagne de vaccination.

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a écrit le 22/04/2021 à 17:07 :
Le secteur de la télémédecine, en plein essor du fait des restrictions sanitaires, vient d’être l’objet pour la première fois d’une enquête de la Répression des fraudes. La directrice générale de la DGCCRF a révélé jeudi, en présentant le bilan annuel de ses services lors d’une conférence de presse, qu’une « enquête exploratoire » avait été menée sur ces plateformes.
« Cela a permis de constater qu’il y avait quand même près d’un quart d’opérateurs contrôlés qui présentaient des anomalies », a-t-elle précisé . Dans le détail, 103 contrôles ont été réalisés auprès de 69 opérateurs, principalement des « sièges de plateformes et des officines de pharmacie proposant un service de téléconsultation ».Au terme de ces contrôles, qui ont porté sur la qualité de l’information délivrée aux patients et le respect des pratiques de concurrence, 23% des opérateurs ont présenté des « anomalies »: celles-ci ont donné lieu à 12 avertissements et 5 injonctions de mise en conformité. La DGCCRF a notamment constaté des « défauts d’information sur les tarifs et les honoraires » qui étaient « liés généralement à une méconnaissance de la réglementation », dit-elle.
a écrit le 22/04/2021 à 10:29 :
Mais quand va cesser ce bruit incessant et insupportable dans nos oreilles ? Les nouveaux insectes sont beaucoup moins utiles à l'écosystème.
a écrit le 22/04/2021 à 10:18 :
Pourquoi remet on en selle Karine Lacombe dont les conflits d'intérêts sont de notoriété publique, laissant dans son sillage une odeur malsaine de lobbying.
Aucun intervenant qui a eu des rapports financiers avec un labo ne devrait venir dans les médias nous "chanter la messe". C'est le travail des médias de faire le tri et ils ne le font pas, laissant au plus médiatiques la possibilité de s'exprimer, pas pour faire de la bonne information, mais pour faire de l'audience...créant au passage peurs, psychoses.
Réponse de le 22/04/2021 à 16:47 :
En parlant de lobbying :

Mais où sont les agendas ? En octobre 2019, 323 députés de la majorité LREM-Modem avaient promis de sourcer les amendements proposés par les lobbyistes et de rendre public leurs rendez-vous avec ces mêmes représentants d’intérêts, dans une tribune au Monde appelant à des “pratiques radicalement nouvelles et volontaristes en matière de transparence”. Si le sourcing des amendements a gagné du terrain, selon Transparency France, un pointage réalisé par l’ONG concernant le second engagement, la publication des agendas, montre qu’une très large majorité des signataires de la tribune ne s’exécute pas.
Dans le détail, seuls 15% d’entre eux, soit 48 députés, ont pris l’habitude de rendre public l’agenda de leurs rencontres avec les lobbyistes.
a écrit le 21/04/2021 à 22:02 :
ils sont incorrigibles les gamins gamines LaREM,

leur bavardagitude est très aiguë, vivement qu'ils soient tous isolés, ils ont déjà contaminé notre Nation.
a écrit le 21/04/2021 à 20:22 :
Mais qu'ils nous fichent la paix avec leur phobie de la covid : ils ne nous protègent pas, ils nous briment par gestion de leur risque pénal. Le cancer fait 160 000 morts par an depuis des années. Et plus on est jeune, plus la progression de la maladie est rapide. Nous protéger de la covid consisterait à constituer gérer des stocks de masques, d'aiguilles et de seringues, de vêtements étanches pour les soignants, de vaccins, créer des places de réanimation car on se limite à 5 000 depuis plus d'un an à côté de l'Allemagne qui doit en avoir 24 000 et alors qu'on nous vante tellement le modèle allemand... Aucun de nos enfermistes n'aura plus ma voix : ils n'auront qu'à se faire élire par qui leur plaira. Et qu'ils nous vaccinent enfin efficacement et pas en mourant de peur devant les effets indésirables infinitésimaux des vaccins !
Réponse de le 22/04/2021 à 0:42 :
Comparer le cancer qui fait selon vous 160 000 morts par an et le covid 19 relève pour le moins dune incompréhension totale de ce qu'est une maladie contagieuse. Pour autant que je sache le cancer n'est lui pas contagieux. Une maladie contagieuse elle s'attrape par le contact avec un malade contaminé et sil n'y a pas de freins aux contacts, l'épidémie se propage de façon exponentielle (revoir vos cours de maths de la terminale) et dans ce cas c'est pas 25000 lits de réanimation qu'il faudrait mais d'une quantité beaucoup plus importante, sans compter qu'il faudrait une armée de soignants que l'on ne trouve pas en claquant les doigts. D'ailleurs l'Allemagne malgré ses 25000 lits a été obligé de confiner.Les seules solutions sont bien une contrainte sur les contacts en attendant la vaccination qui elle aussi demande du temps pour fabriquer les vaccins. Soyons heureux qu'ils ont été mis au point à une vitesse remarquable.
a écrit le 21/04/2021 à 18:16 :
Le seul test covid 19 valide au niveau scientifique est le test par la prise de sang, tous les autres tests peuvent émettent des faux- positifs ou des faux négatifs, renseignez vous verrez que ces informations sont véridiques.
Réponse de le 21/04/2021 à 22:03 :
Ouf je suis rassuré ils existent des gens connectés !!!! MERCI ! C'est exactement ça !
a écrit le 21/04/2021 à 18:12 :
Il aurait rien dit le petit Gaby, et y serai même pas venu qu'on lui en aurait pas voulu. Parler pour ne rien dire, c'est toujours trop de salive dépensée. Préparer un terrain miné qui de toute façon va leur péter à la figure n'a aucun sens, sauf à vouloir occuper le terrain et faire croire qu'on travaille.
Prions pour que Poutine ne nous fasse pas "Bouh" pour nous faire peur et rigoler en voyant nombre de nos "stratèges politiques" faire dans leur froc!😏
a écrit le 21/04/2021 à 17:40 :
je me pose la question qui écoute le porte parole et pour aller plus loin qui écoute encore un politique. Pour ma part dès que je vois ou entends un politique je change systématiquement de chaines ou d'ondes. Je pense qu'aujourd'hui la parole politique omniprésente dans les médias n'a plus aucune portée pire plus aucune crédibilité. Des discours parfois tellement brouillons, contredits le lendemain soit par le chef de l'état soit par les évènements ou ce sempiternel déplacement dès un problème de sécurité ou cette manie de vouloir créer des conseils ou autres comme le dernier sur la laïcité un rassemblement de bobos dont la majorité des citoyens "se foutent". En fait le politique est de plus en plus considéré comme un clown qui n'apporte aucune information intéressante. Le résultat des abstentions de plus en plus forte à chaque élection et des élus si mal élu qu'ils ne représentent qu'une infime partie de la population. Même le président est mal élu car son poids en voix par rapport aux nombre d'électeurs est bien loin de la majorité de ces derniers. La France est une cocotte minute qui parfois fait sauter le couvercle comme les GJ.
a écrit le 21/04/2021 à 17:28 :
Ouais ,super, piqué par blanche neige :

Disneyland Paris apporte sa contribution à la lutte contre le Covid-19. Le célèbre parc d'attraction francilien accueillera un grand centre de vaccination dès samedi, annonce la préfecture de Seine-et-Marne. Le vaccinodrome sera installé "au sein du centre de convention du Disney's Newport Bay Club de Disneyland Paris", d'ordinaire utilisé pour des événements professionnels, a précisé la préfecture, qui pilote cette opération avec l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France et le conseil départemental. Le lieu retenu se situe à proximité des hôtels, en dehors du parc d'attractions en lui-même. Aucune animation thématique liée au parc n'est prévue.
Réponse de le 21/04/2021 à 18:19 :
Disney devrait être dissout , cents une organisation opaque qui font des films pour enfants et de l’autre côté des producteurs Disney ont violé leurs jeunes acteurs depuis de nombreuses décennies.
a écrit le 21/04/2021 à 16:37 :
En gros, il suffit de ne pas se tester pour diminuer le nombre de "cas,infecté ou contaminé" ,ce qui est la même chose d'ailleurs .Mais quel cinéma.
a écrit le 21/04/2021 à 15:52 :
L'objectif des 5000 contaminations / jour est donc passé à 20 000. La réalité refusant obstinément à se plier aux objectifs, on diminue les objectifs. Suggestion: mettons l'objectif à 30 000 / jour et on peut déconfiner la semaine prochaine.
Réponse de le 21/04/2021 à 16:28 :
Bien trop de mise en scène . Cela frise de la politique people que les français détestent
Réponse de le 21/04/2021 à 16:58 :
😂
a écrit le 21/04/2021 à 15:52 :
La surprise va venir des conditions a supporter... a la fois un confinement a l'envers et une interdiction de manifestation et plus!
Réponse de le 21/04/2021 à 17:14 :
En parlant de manif :

Imbroglio autour des comptes de La Manif pour tous. Mardi 20 avril, la Lettre A révélait la sanction infligée par la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) à l’organisation - qui bénéficie du statut de parti politique depuis 2015 - présidée par Ludovine de La Rochère. Parce que La Manif pour tous n'a pas déposé ses comptes de l’année 2019 dans les délais légaux, soit à la date du 11 septembre 2020, ses bienfaiteurs seront privés de la déduction fiscale de 66% sur les dons aux partis politiques, jusqu’à la fin de l’année 2023.

Une très mauvaise nouvelle pour les opposants au mariage pour tous, désormais privés d’un levier de financement essentiel. Sauf qu’au lendemain de cette annonce, Ludovine de La Rochère est montée au créneau pour démentir l’existence de la sanction. Citée par La Croix, ce mercredi 21 avril, la présidente de La Manif pour tous parle carrément "d’une erreur" de la CNCCFP. “Nous avons bien déposé nos comptes en temps et en heure (...) mais ils n’ont pas été enregistrés au bon endroit !”, affirme-t-elle au quotidien, ajoutant que l’autorité indépendante "s’est excusée" et que tout va rentrer dans l’ordre "au plus vite". Traduction : l'organisation ne sera pas sanctionnée, et pourra continuer à faire bénéficier ses donateurs d’une déduction fiscale.

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