Abbvie a obtenu l'autorisation de diminuer la durée de son traitement curatif de l'hépatite C à 8 semaines, ce qui fait passer son tarif sous la barre des 20.000 euros par patient. Les médicaments de ses concurrents sont vendus à plus de 28.000 euros.
Dans le marché de l'hépatite C chronique en France, la guerre des prix continue. Fin janvier, Abbvie s'était accordé avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) pour vendre son traitement (Viekirax associé ou non à l'Exviera) à 28.730 euros, et ce pour guérir les personnes touchées par un génotype 1 (il en existe 6 au total, ils réagissent différemment aux traitements). Pour les malades atteints du génotype 4, le prix grimpe à 26.432 euros
Mais voilà, Abbvie a déclaré mardi 28 février avoir obtenu un avis positif du Comité des médicaments à usage humain (CHMP), un organisme rattaché à l'Agence européenne du médicament doté d'un pouvoir d'arbitrage, pour réduire la durée de traitement à 8 semaines. Une cure raccourcie dédiée aux personnes ayant une hépatite C de génotype 1b (environ 30% des malades français de la maladie infectieuse).
Résultat, le traitement du laboratoire américain peut être vendu dès aujourd'hui à 19.153 euros dans l'Hexagone, explique un porte-parole d'Abbvie France. Car l'ANSM suit les préconisations du CHMP.
Sur le papier, le traitement d'Abbvie est désormais le moins cher. Néanmoins, difficile de connaître le prix exact fixé par ce dernier ou ses concurrents, car celui-ci est facial. C'est-à-dire que le prix affiché ne renseigne pas sur les remises pouvant être négociées avec la Sécurité sociale, un montant couvert par le secret des affaires.
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Les cartes devraient être rebattues dans quelques mois
Si Abbvie met la pression sur ses concurrents, les cartes pourraient être rebattues dans quelques mois. Gilead espère lancer en 2017 en France une nouvelle génération de traitements contre l'hépatite C chronique, l'Epclusa, capable de guérir l'ensemble des patients quel que soit le type de virus ou/et le stade de sévérité de la maladie. Le traitement a obtenu en juillet le feu vert de l'Agence européenne des médicaments pour être commercialisé.
Abbvie développe également un traitement capable de s'attaquer aux six génotypes. S'il devrait arriver un peu plus tard dans l'Hexagone, le laboratoire américain espère faire valoir une efficacité proche des 100% pour tirer son épingle du jeu.