De nouveaux traitements, basés sur des anticorps monoclonaux capables de prévenir les migraines, devraient arriver sur le marché dans les prochains mois. Plusieurs laboratoires tentent de trouver leur place dans un domaine thérapeutique dont les revenus pourraient croître de plusieurs milliards de dollars dans les années à venir.
Les traitements existants s'attaquent principalement aux symptômes. L'erenumab serait le premier médicament vendu à prévenir les migraines. Cet anticorps monoclonal, qui cible et bloque les récepteurs d'une protéine, la CGRP, qui entraîne une vasodilatation et une inflammation (une cause de migraines) ouvrirait alors la voie à une nouvelle classe de médicaments.
Les concurrents de Novartis et d'Amgen suivent la même stratégie thérapeutique
La majorité des laboratoires développant des traitements contre la migraine se sont lancés sur la même piste thérapeutique qu'Amgen et Novartis.
Le laboratoire américain Eli Lilly, en proie depuis quelques mois à des difficultés dans ses activités diabète et Alzheimer, a relancé sa Ret D dans la migraine. Il a annoncé en janvier le rachat la société Colucid Pharmaceuticals pour 960 millions de dollars, s'emparant du lasmiditan, un traitement en phase III, dont les résultats finaux sont attendus au second semestre. Eli Lilly vise un lancement de ce produit en 2018. Le laboratoire américain développe également le galcanezumab, une molécule anti-CGRP, pour prévenir la migraine, également en phase III.
Un marché qui va connaître une croissance à deux chiffres
Ces acteurs de l'industrie pharmaceutique sont les plus avancés pour se partager un marché de la migraine amené à décoller et atteindre jusqu'à 10 milliards de dollars (9,2 milliards d'euros) en 2025, boosté par l'arrivée de leurs nouvelles thérapies. Le marché de la migraine, estimé à 3 milliards de dollars par an aujourd'hui, connaîtrait ainsi une croissance annuelle de 12,5%.
Cette dynamique serait portée par les Etats-Unis. Quelque 38 millions d'Américains sont touchés, dont quatre millions qui développent des migraines quotidiennes ou quasi-quotidiennes. Cette céphalée (mal de tête) peut entraîner des troubles visuels, des nausées, une sensibilité au son et à la lumière notamment, avec un impact sur la vie socioprofessionnelle. En France, 8 millions de personnes en souffriraient.
Par ailleurs, la migraine accroîtrait le risque de développer des maladies cardiovasculaires, selon des études récentes, or il s'agit de la première cause de mortalité aux Etats-Unis (un mort sur quatre). Si cette piste scientifique se confirme, cela pourrait bien pousser les laboratoires pharmaceutiques à tenter de trouver de nouvelles solutions. Mais il faudra mieux comprendre ce mal, dont les causes sont liées à "des facteurs génétiques complexes associés à des facteurs environnementaux",rappelle l'Inserm. Pourquoi pas, à terme, un traitement capable de mettre fin à la migraine...