La santé à l'heure du sursaut (1/5) : la recherche médicale française aux urgences
Florence Pinaud
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... nt. Du coup, les plus belles biotechs partent se financer à l'étranger, telle Valneva. Comment retrouver la souveraineté sanitaire et redonner la priorité à l'innovation santé ? Emmanuel Macron met 7 milliards d’euros sur la table pour que la France reste dans la course.
Enfin ! L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé mardi 20 juillet le lancement d'une procédure d'"examen continu" du premier vaccin européen contre le Covid-19 : Vidprevtyn. Ce candidat vaccin est développé par le laboratoire français Sanofi-Pasteur (Groupe Sanofi) avec l'Anglais GSK. Avec la technique de "protéine recombinante", il injecte la protéine spike du coronavirus qui incite le système immunitaire à développer des anticorps et dope ce dernier avec un l'adjuvant de GSK. Ce principe est déjà utilisé dans les vaccins contre la grippe saisonnière et contre l'hépatite B. En plus de permettre espérer un premier vaccin franco-britannique, l'annonce de l'EMA montre un vrai changement de méthode dans la bureaucratie Santé. Avec la procédure dite "continue", l'Agence européenne innove en s'inspirant de la célèbre Autorité américaine contre les urgences sanitaire, la BARDA. Concrètement, cet examen continu permet d'étudier progressivement les informations nécessaires à l'autorisation du vaccin, au fur et à mesure qu'elles arrivent. Ainsi, l'EMA espère accélérer l'évaluation de la demande de mise sur le marché dans l'Union européenne quand elle sera déposée. Avec une perspective d'autorisation en décembre prochain, le vaccin Sanofi-GSK sortira un an après les premières formules à ARNm. Une illustration des freins qui pèsent sur la recherche médicale française dans un pays qui a si longtemps paradé sous prétexte de posséder "le meilleur système de santé au monde".
Les Français ont découvert lors de cette épidémie que leur pays n'est plus une grande puissance pharmaceutique. Face à ce déclassement dans la recherche pharmaceutique, l'heure est au sursaut... Le 29 juin dernier, Emmanuel Macron a annoncé un plan d'investissement de 7 milliards d'euros dans le domaine de l'innovation santé. Ce plan s'inspire du bilan du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) qui tire cette année les leçons de la pandémie. Le constat du chef de l'État est clair : « Côté recherche, (...) on a un système qui est moins efficace qu'il ne devrait l'être : manque d'investissements, trop de divisions, trop de lenteurs et des corporatismes ».
Florence Pinaud