Au pic des ruptures, c'est-à-dire à l'hiver 2022-2023, 800 types de médicaments déclarés d'intérêt thérapeutique majeur, soit 8 % du total vendu en pharmacie, ont été en rupture de stock.
La Drees publie une étude aujourd'hui sur l'état des ruptures de médicaments dans les pharmacies en France entre 2016 et 2024. Si la situation s'améliore, le niveau n'est pas revenu à celui d'avant la crise de l'hiver 2022-2023.
Fini le temps des craintes de pénuries de médicaments ? Pas tout à fait, alerte la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dans une vaste étude sur l'état des stocks entre 2016 et 2024 en pharmacies.
Au pic des ruptures, c'est-à-dire à l'hiver 2022-2023, 800 types de médicaments déclarés d'intérêt thérapeutique majeur, soit 8 % du total vendu en pharmacie, ont été en rupture de stock et 1 600 ont été déclarés en risques de rupture. Fin 2024, ce nombre était deux fois moins élevé pour les ruptures de stock, mais restait à un niveau « historiquement élevé », indique la Drees. À titre de comparaison, on en comptait moins de 200 par an entre 2016 et 2021.
En nombre de boîtes, cela représentait entre un tiers et la moitié des ventes concernées par une tension ou une rupture lors du pic de 2022-2023, soit 8 millions de boîtes manquantes par mois hors alternatives thérapeutiques.
Les pistes d'explications de ce phénomène sont à chercher du côté de la guerre en Ukraine ainsi que de l'effet à retardement de la pandémie de Covid-19 responsables des bouleversements dans les chaînes de production et du pic très élevé de rupture d'approvisionnement il y a 2 ans. Mais difficile de comprendre pourquoi ce niveau reste très élevé cette année.
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« Les laboratoires mettent en avant des causes très générales, comme une augmentation de la demande ou des problèmes de production », explique Clément Dherbécourt, adjoint au sous-directeur des synthèses et de l'évaluation à la Drees.
Pire encore, le nombre de risques de rupture de stock repart légèrement à la hausse en ce début d'année 2025, constate l'administration. Malgré tout, « le pic de criticité semble passé, souffle la Drees, même s'il reste à un niveau élevé ».
Point positif en revanche : la Drees voit une amélioration du nombre d'alternatives thérapeutiques globales proposées en 2024 par rapport à 2023. Toutefois, elle note que ces dernières sont, elles aussi, très affectées par les risques de rupture de stock qui ne faiblissent pas (en moyenne il y avait 1,8 alternative médicamenteuse au pic de la crise et 2 aujourd'hui).