Mpox : l'Afrique appelle l'Europe à ne pas l'abandonner
latribune.fr

En RDC, pays de loin le plus touché, près de 22.000 cas et 716 décès liés au virus ont été enregistrés depuis janvier, selon les autorités locales.
DADO RUVIC
latribune.fr

En RDC, pays de loin le plus touché, près de 22.000 cas et 716 décès liés au virus ont été enregistrés depuis janvier, selon les autorités locales.
DADO RUVIC
« Nous ne voulons pas revenir demain vers eux pour leur dire: vous avez encore abandonné l'Afrique. » Voilà un message fort envoyé par le chef de l'organe de surveillance sanitaire de l'Union africaine envers les pays occidentaux qui ont promis d'envoyer des vaccins en Afrique pour lutter contre l'épidémie de Mpox.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété le Mpox urgence internationale en août, préoccupée par l'augmentation du nombre de cas de la nouvelle souche Clade 1b en République démocratique du Congo, épicentre de l'épidémie. En RDC, pays de loin le plus touché, près de 22.000 cas et 716 décès liés au virus ont été enregistrés depuis janvier, selon les autorités locales.
Or, ce jeudi, le Centre africain de contrôle des maladies (Africa CDC) a indiqué n'avoir pas atteint l'objectif de rassembler 600 millions de dollars pour lutter contre le virus, désormais présent dans 14 pays africains.
Le directeur de Africa CDC, Jean Kaseya, a souligné que le dépistage restait un « problème majeur » et qu'il devait augmenter pour mieux suivre l'évolution de l'épidémie.
Mais surtout, jusqu'ici, quelque 200.000 doses de vaccin ont été livrées à la RDC par l'Union européenne, et environ 50.000 par les États-Unis. La RDC compte environ 100 millions d'habitants. Selon Jean Kaseya, plusieurs centaines de milliers de doses supplémentaires ont été promises par les pays européens, en plus des quelque trois millions de doses promises par le Japon. Il n'a pas fourni d'autres détails, notamment sur les dates de livraisons de ces vaccins. Selon le président de l'Hera, organisation chapeautée par la Commission européenne, Laurent Muschel, plus de 560.000 doses au total seront octroyés par l'UE et ses États membres. « On espère qu'il y en aura plus encore », avait-il précisé le 5 septembre.
Ce jeudi, Bavarian Nordic, le fabricant danois du vaccin contre le Mpox, autrefois qualifié de « variole du singe », s'est engagé à fournir deux millions de doses supplémentaires de son sérum d'ici la fin de l'année. « En réponse à l'épidémie actuelle et à la forte demande des gouvernements et des organisations (...) la société a donné la priorité à la production » de son vaccin, a annoncé le laboratoire dans un communiqué.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Si les deux millions de doses supplémentaires annoncées par le laboratoire « semblent suffisantes pour répondre à la demande prévue à court et moyen terme », l'entreprise « continue d'explorer d'autres leviers qui pourraient permettre d'augmenter encore sa capacité », a souligné le fabricant. Il envisage notamment de transférer la production de son vaccin à « des entreprises en Afrique ou dans d'autres parties du monde ». Seul homologué à ce stade en Europe et aux États-Unis, ce vaccin est uniquement destiné à des adultes.
Mais pour parvenir à stopper le virus, « il est temps que les pays occidentaux montrent qu'ils ont tiré les leçons du Covid », a fait remarquer le directeur de Africa CDC en se déclarant optimiste sur ce point. « Nous voulons qu'ils retiennent cette leçon, il est temps pour eux de rétablir la confiance », a-t-il ajouté lors d'un briefing en ligne sur le Mpox.
Lors de la pandémie de Covid-19, les pays occidentaux ont parfois été accusés d'avoir abandonné l'Afrique en donnant la priorité aux pays les plus riches pour les vaccins.
À lire également
Des signes prometteurs du vaccin de Moderna
Un vaccin expérimental du laboratoire Moderna contre le Mpox a fait preuve d'une plus grande efficacité que les vaccins actuels pour réduire les symptômes et la durée de la maladie, selon une étude sur des animaux dont les résultats ont été publiés mercredi par la revue Cell. Les chercheurs ont utilisé la technologie de l'ARN messager pour tenter de trouver un vaccin contre le Mpox qui soit extrêmement efficace et sûr, a expliqué à l'AFP le virologiste et auteur principal de l'étude Jay Hooper, de l'Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l'armée américaine.
Le nouveau vaccin à ARN messager de Moderna inclut des instructions génétiques qui entraînent le système immunitaire à reconnaître quatre antigènes permettant au virus de s'accrocher aux cellules. Le laboratoire américain utilise la même technologie pour son vaccin contre le coronavirus, qui est très sûr et efficace.
(Avec AFP)
latribune.fr
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer