Mpox: Bavarian Nordic s'engage à fournir 2 millions de doses supplémentaires
latribune.fr
Bavarian Nordic, le fabricant danois du vaccin contre le mpox s'est engagé ce jeudi à fournir deux millions de doses supplémentaires de son sérum d'ici la fin de l'année.
DADO RUVIC
Mpox: Bavarian Nordic s'engage à fournir 2 millions de doses supplémentaires
Le fabricant danois donne la priorité à la fabrication du vaccin à la demande de plusieurs gouvernements, alors que l'épidémie sévit de plus en plus dans le centre de l'Afrique.
Bavarian Nordic, le fabricant danois du vaccin contre le mpox, autrefois qualifié de « variole du singe », s'est engagé ce jeudi à fournir deux millions de doses supplémentaires de son sérum d'ici la fin de l'année. Et ce, après l'arrivée des premiers vaccins en République démocratique du Congo (RDC), foyer de l'épidémie.
«En réponse à l'épidémie actuelle et à la forte demande des gouvernements et des organisations (...) la société a donné la priorité à la production» de son vaccin, a annoncé le laboratoire dans un communiqué.
Si les deux millions de doses supplémentaires annoncées par le laboratoire « semblent suffisantes pour répondre à la demande prévue à court et moyen terme », l'entreprise « continue d'explorer d'autres leviers qui pourraient permettre d'augmenter encore sa capacité », a souligné le fabricant. Il envisage notamment de transférer la production de son vaccin à « des entreprises en Afrique ou dans d'autres parties du monde ». Seul homologué à ce stade en Europe et aux États-Unis, ce vaccin est uniquement destiné à des adultes.
Bavarian Nordic s'est en outre dit prêt à produire jusqu'à 11 millions de doses d'ici 2025. Conséquence de la priorité donnée au vaccin mpox, l'entreprise va repousser à 2025 d'autres commandes qui devaient être honorées en 2024, a-t-il précisé sans plus de détail.
Une campagne de vaccination le mois prochain
Le mpox fait à nouveau l'objet d'inquiétudes internationales, deux ans après l'épidémie mondiale de 2022. Plusieurs épidémies sont actuellement en cours dans le centre de l'Afrique. Elles sont alimentées par une version différente de la souche à l'origine de l'épidémie de 2022. Celle-ci avait été causée par le « clade 2 », qui circule toujours à bas bruit dans de nombreux pays, dont la France. Les épidémies en RDC sont, elles, causées par le « clade 1 », qui a provoqué des centaines de décès chez les enfants. Mais la situation se complique du fait qu'une nouvelle version du clade 1, le variant 1b, est apparue en RDC et semble surtout circuler entre adultes à l'occasion de contacts sexuels, comme c'était déjà le cas de l'épidémie de 2022.
Fin août, le mpox était présent dans 14 pays dont le Burundi (796 cas), le Congo-Brazzaville (162 cas) et la République centrafricaine (45 cas), selon l'Africa CDC. La République démocratique du Congo (RDC) est considérée comme l'épicentre de l'épidémie avec près de 22.000 cas de contamination et 716 décès liés au mpox enregistrés depuis janvier, selon les derniers chiffres de l'Institut de santé publique congolais chargé d'organiser la riposte contre l'épidémie.
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Pays parmi les cinq plus pauvres de la planète, selon la Banque mondiale, la RDC reçoit progressivement depuis la semaine dernière des dons de vaccins de l'Union européenne et des Etats-Unis. Quelque 265.000 doses sont ainsi arrivées par avion à Kinshasa au cours des derniers jours. Ces vaccins doivent être déployés sur tout le territoire, grand comme quatre fois la France, en vue d'une campagne de vaccination qui doit commencer le mois prochain.
Cinq tonnes de médicaments, kits de protection pour les personnels soignants (gants, blouses, etc...) et solutions désinfectantes sont par ailleurs arrivées mardi par avion à Goma, a indiqué le bureau du gouverneur de la province du Nord-Kivu.
Mpox : pas de changement majeur pour la vaccination en France
Les autorités sanitaires françaises ont largement maintenu en l'état début septembre leurs recommandations en matière de vaccination contre le mpox, n'élargissant pas le vaccin à de nouvelles catégories de population mais suggérant une dose de rappel aux personnes déjà jugées à risque.
La HAS avait été saisie cet été par le ministère de la Santé dans un contexte de forte épidémie dans le centre de l'Afrique. Dans ce contexte, la question se posait d'un élargissement de la vaccination préventive au-delà des publics déjà ciblés depuis deux ans : ils incluent essentiellement les hommes ayant des relations homosexuelles, les prostitués hommes ou femmes et toute personne travaillant dans des lieux dédiés aux rencontres sexuelles.
La HAS n'a finalement pas jugé nécessaire d'aller au-delà, constatant que « le mode de transmission par contact intime/sexuel est majoritairement observé quel que soit le clade ». Elle continue, par ailleurs, à recommander une vaccination dite réactive aux cas contact, idéalement moins de quatre jours après l'exposition.