Le marché des analyses, de l'inspection et de la certification alimentaires pèse à lui seul 15 milliards de dollars et croît de façon régulière de 5% chaque année (Photo d'illustration).
L'entreprise Mérieux Nutrisciences, spécialisée dans le contrôle de sécurité alimentaire, vient de racheter les activités mondiales d'analyses de Bureau Veritas pour 360 millions d'euros. Objectif, doubler sa présence en Asie-Pacifique et au Canada dans un marché global qui pèse 15 milliards de dollars.
C'est la plus grosse acquisition jamais réalisée par Mérieux NutriSciences. Cette société de contrôle de sécurité alimentaire détenue à 70% par l'Institut Mérieux a annoncé ce lundi le rachat les activités mondiales d'analyses de Bureau Veritas pour une valeur d'entreprise de 360 millions d'euros.
Concrètement, l'accord concerne les activités d'analyses alimentaires en laboratoire. Autrement dit, « les analyses microbiologiques et chimiques, et tests moléculaires » de l'entreprise française Bureau Veritas, indique le communiqué de presse.
L'entreprise Mérieux NutriSciences, qui réalise 800 millions de dollars de chiffre d'affaires, devrait passer le milliard de dollars grâce à cette acquisition. Surtout, Bureau Veritas permet à Mérieux NutriSciences d'accroître sa présente géographique, en doublant notamment sa présence en Asie-Pacifique, ainsi qu'au Canada et en s'implantant en Amérique du Sud ainsi qu'en Afrique.
«Nous étions insuffisamment présents en Asie Pacifique, là où il y a pourtant la majorité de la population mondiale et des enjeux de qualité alimentaire importants. Surtout, nous avons une croissance dans cette zone géographique avant cette acquisition qui était le double de la moyenne mondiale», précise Nicolas Cartier, directeur général de Mérieux NutriSciences à La Tribune.
En outre, Bureau Veritas a une forte expertise sur les contrôles laitiers, l'aquaculture ainsi que l'alimentation animale. La transaction devrait être finalisée d'ici la fin du quatrième trimestre 2024, sous réserve de l'obtention des autorisations réglementaires dans certaines régions.
Mérieux NutriSciences doit aussi discuter avec AsureQuality, un autre acteur de la sécurité alimentaire basé en Nouvelle-Zélande et avec lequel il va désormais partager des entreprises communes, en Australie et en Asie du Sud-Est. Des discussions autour du détail de ces joint-ventures sont en cours bien que la filiale de l'Institut Mérieux devrait rester majoritaire, nous assure son dirigeant.
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Cette acquisition sur le marché des analyses, de l'inspection et de la certification alimentaires est stratégique. Et pour cause, il pèse à lui seul 15 milliards de dollars et croît de façon régulière de 5% chaque année.
« Surtout, c'est un marché qui ne peut pas baisser, constate Nicolas Cartier.Il y a une attente de plus en plus forte des consommateurs pour que les aliments soient sains».
Et des entreprises également. Ces dernières font face à la pression sanitaire liée aux divers scandales qui ont bousculé l'opinion publique comme le dossier des pizzas Buitoni contaminées à la bactérie E. coli il y a deux ans, mais aussi à une orientation des consommateurs vers davantage de durabilité.
C'est d'ailleurs sur ce dernier volet que l'entreprise voit le plus de croissance. « C'est une bonne opportunité et, surtout, cela donne du sens à ce que l'on fait », se réjouit Nicolas Cartier. Plusieurs industriels réfléchissent par exemple à la réduction du plastique. Un changement qui a des répercussions majeures en matière de sécurité alimentaire et sur lequel Mérieux NutriSciences donne des conseils et réalise des tests spécifiques.
Autre volet important de la société : l'IA. La société a signé il y a quelques mois un partenariat avec 6 grandes entreprises agroalimentaires, dont Nestlé, Mondelez ou encore PepsiCo afin de regrouper toutes leurs données en matière de qualité de production. L'objectif est de repérer très rapidement une anomalie faible sur un fournisseur avant que celle-ci ne se transforme en crise sanitaire. « C'est un champ extrêmement puissant qui s'offre à nous », assure le dirigeant.