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Vittel, Perrier, Contrex… Nestlé défend la qualité sanitaire de ses forages d'eaux minérales, mise en cause par l’Anses

latribune.fr

Publié le 05 avril 2024 à 15:13 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:55

Le géant de l'agroalimentaire est propriétaire des eaux en bouteille Vittel, Perrier, Contrex et Hépar. (photo d'illustration)

Le géant de l'agroalimentaire est propriétaire des eaux en bouteille Vittel, Perrier, Contrex et Hépar. (photo d'illustration)

Reuters

Le Quotidien Numérique

17 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Nestlé, propriétaire des eaux en bouteille Vittel, Perrier, Contrex et Hépar, a affirmé vendredi avoir « intensifié la surveillance » de ses forages français « sous le contrôle des autorités » pour garantir la qualité sanitaire de ses produits. Le géant de l'agroalimentaire a été mis en cause dans une note de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), transmise mi-octobre au ministère de la Santé.

Mis en cause par une note de l'Anses révélée jeudi, Nestlé tente de rassurer. Le géant de l'agroalimentaire, propriétaire des eaux en bouteille Vittel, Perrier, Contrex et Hépar, a affirmé vendredi à l'AFP avoir « intensifié la surveillance » de ses forages français « sous le contrôle des autorités » pour garantir la qualité sanitaire de ses produits.

« On a intensifié la surveillance des forages sous le contrôle des autorités » et « chaque bouteille qui sort de nos sites peut être bue par les consommateurs en toute sécurité », a déclaré la présidente de Nestlé France, Muriel Lienau, dans un entretien avec l'AFP.

Depuis trois ans, « toutes les modalités d'opération de nos sites ont été revues » pour se mettre en conformité avec la réglementation française, a expliqué Muriel Lienau. Hépar, Contrex et Vittel sont embouteillées dans les Vosges, tandis que Perrier est mis en bouteille à Vergèze (Gard).

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Ce « plan de transformation » comprend un « renforcement des mesures de protection de l'environnement autour de nos forages », la suppression des traitements interdits, ou encore la « suspension de certains forages (...) qui ne permettaient pas de maintenir les caractéristiques essentielles de l'eau minérale ».

Les mesures de contrôle de la qualité ont également été « renforcées », avec « plus de 1.500 paramètres » analysés chaque jour. Quant aux contaminations d'origine fécale mentionnées par la note de l'Anses, « elles peuvent concerner certains des forages qui ne sont plus en activité », a-t-elle affirmé.

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L'Anses recommande « une surveillance renforcée »

Les sites de forage du géant suisse de l'agroalimentaire ont été mis en cause dans une note de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), transmise mi-octobre au ministère de la Santé, révélée jeudi matin par Le Monde et franceinfo, dont l'AFP a obtenu une copie.

L'agence sanitaire recommande « une surveillance renforcée » des sites de captage d'eaux de Nestlé en raison « d'un niveau de confiance insuffisant » pour assurer « la qualité sanitaire » des eaux minérales. L'Anses prône « la mise en place d'un plan de surveillance renforcé qui contribuera à disposer de mesures microbiologiques et chimiques fiables ».

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D'après une courrier de saisine de l'Anses par les agences régionales de santé (ARS) d'Occitanie et du Grand-Est, daté du 28 avril 2023, figurant en annexe de la note, la société mise en cause est Nestlé. Dans le reste du document, toutes les mentions des marques et des sites concernés sont masquées.

Des « traces résiduelles » de pesticides

L'Anses a confirmé à l'AFP avoir été saisie par ces deux ARS pour « déterminer les conditions d'une surveillance renforcée de filières d'eau conditionnées » et avoir envoyé ses conclusions au ministère de la Santé le 16 octobre 2023, mais précise que « beaucoup d'éléments étant couverts par le secret des affaires, il était convenu que l'expertise ne soit pas rendue publique ».

Contactée par l'AFP jeudi, Sophie Dubois, directrice générale de Nestlé Waters France assure que cette note « n'a pas été portée à (sa) connaissance » et tient « à réaffirmer haut et fort que (...) toutes les eaux minérales naturelles mises sur le marché en France sous les marques Hépar, Contrex, Vittel ou Perrier peuvent être consommés en toute sécurité ».

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« Il n'y a pas de sujet sur la sécurité alimentaire », insiste la dirigeante. Elle mentionne la possibilité d'une présence de « traces résiduelles » de pesticides, mais « très significativement inférieures aux normes en vigueur pour les eaux minérales ».

De son côté, la CGT de Nestlé Waters Supply Est (NWSE) « a demandé la tenue d'un CSE extraordinaire afin d'avoir au plus vite les explications de la direction ».

Contaminations d'origine fécale

Sur la base des données fournies par les deux ARS, l'Anses relève de « multiples constats de contaminations microbiologiques d'origine fécale » au niveau des sources, qui rendent nécessaire « une surveillance renforcée élargie à un panel de paramètres qui permettront de préciser la vulnérabilité des ressources par rapport à une contamination par des virus pathogènes transmissibles par voie hydrique ».

Cette note intervient alors qu'une enquête préliminaire pour tromperie est ouverte par le parquet d'Epinal à l'encontre de Nestlé Waters, soupçonné d'avoir eu recours à des traitements illégaux pour purifier ses eaux minérales, à la suite de premières révélations du Monde et de Radio France.

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La saisine de l'Anses par les autorités sanitaires intervient « suite à l'identification par les pouvoirs publics sur différents sites d'exploitation de la présence de systèmes de traitement en amont des points de surveillance mis en place à la suite d'une dégradation de la qualité des ressources », souligne l'agence dans sa note.

« La confiance n'y est pas, il faut cesser la commercialisation et rappeler les bouteilles », plaide l'association de défense des consommateurs Foodwatch.

Aucune recommandation sur les produits finis

« Concernant les produits finis, eaux embouteillées, aucune recommandation n'est formulée », précise cependant l'Anses, avant d'ajouter que la présence en « valeurs positives » ou « au-delà des seuils réglementaires » d'éléments microbiologiques ou chimiques « autres que ceux constitutifs et caractéristiques de l'eau minérale (...) ne devraient pas conduire à la production d'eaux embouteillées afin de garantir la qualité sanitaire des eaux minérales naturelles produites ».

La réglementation concernant les critères de qualité des eaux minérales naturelles est plus stricte que celle concernant l'eau du robinet, que ce soit au moment du captage ou une fois en bouteilles.

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Un arrêté de 2007 indique ainsi que « à l'émergence et au cours de leur commercialisation, les eaux doivent être exemptes de germes témoins de contamination fécale, de parasites et de microorganismes pathogènes ».

Dans ses conclusions, l'Anses renvoie aux ARS d'Occitanie et du Grand-Est la responsabilité de « faire le choix entre les exigences de surveillance qu'elles entendent, selon le cas, suggérer ou prescrire aux exploitants, et les recommandations qu'elles mettront en œuvre au titre du contrôle sanitaire qu'elles commanditeront ». Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé n'a pas répondu aux sollicitations.

Réaction de la tête de liste écologiste aux européennes

La tête de liste écologiste aux européennes Marie Toussaint a réclamé vendredi le retrait des bouteilles d'eau Nestlé. « Il faut retirer les bouteilles Nestlé de la vente », a déclaré l'eurodéputée, lors d'une conférence de presse près du ministère de la Santé.

Marie Toussaint a dénoncé « des industriels avares et avides qui n'ont pas fait leur boulot vis-à-vis de la santé des consommateurs ». « Personne n'est en capacité d'affirmer aujourd'hui qu'il y a de l'eau de qualité dans ces bouteilles », a-t-elle insisté.

Elle a aussi annoncé saisir la Commission européenne « parce que le gouvernement doit être tenu responsable des législations européennes qui ont été bafouées ». Elle a affirmé que « le gouvernement avait sciemment décidé de cacher ce qui était en train de se passer », à la suite d'une rencontre à Bercy avec Nestlé en 2021.

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Au cours de cette réunion, l'exécutif a décidé de l'ouverture de l'enquête de l'Igas « mais aussi de baisser les seuils règlementaires de qualité », a déploré Marie Toussaint, dénonçant « un crime industriel facilité par l'Etat ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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