La société biopharmaceutique Domain Therapeutics a envisagé une introduction en Bourse (Euronext) en 2018, avant de faire marche arrière. Mais le groupe poursuit ses ambitions : « dès maintenant, nous devons nous structurer afin d'être prêts pour l'IPO ». La startup vise désormais la place boursière américaine pour accélérer outre-Atlantique.La société de recherche biopharmaceutique Domain Therapeutics, spécialisée dans les thérapies innovantes contre le cancer, les maladies rares et Parkinson, va concentrer ses activités dans l'immuno-oncologie. Cette entreprise établie à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) a bouclé en mai une levée de fonds Série A de 39 millions d'euros menée à l'international auprès de Panacea Venture (Shanghai), CTI Life Sciences (Montreal) et 3B Future Health Fund (Luxembourg). Trois investisseurs français, Omnes, Turenne Capital et Seventure Partners, participent également à la levée de fonds.
Après avoir établi son modèle économique sur la cession de ses filiales ("spin-offs") et les contrats de recherche (70 millions d'euros cumulés), Domain Therapeutics anticipe une accélération de ses activités jusqu'en 2024. « Nos besoins de financements se sont accrus avec l'entrée en phase clinique de notre premier candidat médicament en fin d'année », expose Pascal Neuville, directeur général de Domain Therapeutics. « Nos produits ciblant les maladies du système nerveux central et les maladies rares vont sortir de notre portefeuille sous forme de licences. Nous nous sommes recentrés dans le domaine de l'immuno-oncologie en poursuivant nos recherches sur les récepteurs couplés aux protéines G (RCPG) », annonce Pascal Neuville.
Renforcer le système immunitaire contre le cancer
Localisés à la surface des cellules, les RPCG sont définis par l'Inserm comme « des intermédiaires clés dans la transmission de signaux de l'extérieur vers l'intérieur de la cellule ». « Les stratégies anti-cancéreuses sont basées sur l'attaque de la cellule en direct. L'immunothérapie consiste à renforcer le système immunitaire en agissant sur ces récepteurs qui peuvent être vus comme les détecteurs de la cellule. On dénombre près de 1.000 RCPG différents dans le corps humain. On peut établir des traitements sur 400 d'entre eux, répartis dans tous les organes », explique Pascal Neuville. « L'immunothérapie est efficace sur seulement 15% à 30% des patients, en fonction du type de cancer. Nous voulons lever les freins afin que ces médicaments puissent fonctionner sur un plus grand nombre ».