Combattre les cancers avec des frappes chirurgicales. Telle est la mission de la startup lyonnaise Mablink Bioscience, qui vient de réussir une levée de fonds d'amorçage de 4 millions d'euros auprès d'un parterre d'investisseurs prestigieux venant à la fois du monde de la tech (Elaia Partners, Sofimac Innovation) et de la santé (Sham Innovation Santé, Simba Santé, la fondation Fournier-Majoie et Crédit Agricole Création).
Il faut dire que la promesse de la jeune pépite créée en 2018 fait naître de grands espoirs dans le traitement des cancers, et notamment les plus résistants à la chimiothérapie. Sa technologie de rupture permet d'injecter dans l'organisme un traitement extrêmement ciblé, d'autant plus efficace qu'il se déplace jusqu'aux cellules malades sans être repéré -et donc traité- par le corps.
Mablink Bioscience est le fruit d'une association entre l'entrepreneur Jean-Guillaume Lafay, passionné de biologie et de chimie, et trois chercheurs : le docteur Warren Viricel, inventeur de la technologie brevetée, le professeur Charles Dumontet, directeur adjoint du cancéropôle de Lyon, et le docteur Benoît Joseph, de l'Institut de Chimie et Biochimie Moléculaires et Supramoléculaires de l'Université de Lyon.
Si le principe des conjugués anticorps-médicaments -ADC- existe depuis plus d'une vingtaine d'années, Mablink Bioscience révolutionne la manière de les utiliser et ouvre des perspectives nouvelles pour créer des traitements d'une efficacité inédite. "Les ADC sont des puissants biomédicaments qu'on utilise déjà dans la thérapie ciblée contre le cancer, mais notre principale innovation est de leur apporter une propriété de "furtivité" inédite au sein de l'organisme. En masquant la présence du médicament, on améliore radicalement son efficacité tout en diminuant ses effets secondaires, ce qui le rend beaucoup plus tolérable pour le patient", ajoute Jean-Guillaume Lafay.