Vaccin anti-Zika : aux Etats-Unis, des élus et des ONG se liguent contre Sanofi

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Malgré les nombreuses critiques, l'Armée américaine assure qu'elle maintient son plan visant à accorder une licence exclusive à Sanofi.
Malgré les nombreuses critiques, l'Armée américaine assure qu'elle maintient son plan visant à accorder une licence exclusive à Sanofi. (Crédits : © Karoly Arvai / Reuters)
L'Armée américaine développe en partenariat avec Sanofi un vaccin contre le virus Zika, et compte accorder une licence exclusive au laboratoire pharmaceutique français. Des ONG et des élus démocrates dénoncent cette décision, arguant que le développement du produit thérapeutique se fait grâce à l'argent du contribuable américain.

Outre-Altantique, le partenariat de recherche passé entre l'Armée américaine et Sanofi pour concevoir un vaccin contre le virus Zika ne fait pas l'unanimité. En février, une douzaine de membres du Congrès américain, tous démocrates, a adressé une lettre à l'Armée américaine, l'appelant à ne pas accorder une licence exclusive d'exploitation de deux brevets du produit thérapeutique en développement. Les élus craignent que le laboratoire français ait les mains libres pour fixer des prix potentiellement élevés. Des ONG, comme Knowledge Ecology International ou Médecins Sans Frontières avaient déjà fait part de leurs préoccupations, en janvier. Et en mars, le sénateur démocrate Bernie Sanders, très impliqué dans la question des prix des traitements, a également envoyé une missive à l'armée américaine, et publié une opinion dans le New York Times, le même mois, contre cette décision.

Argument massue des plaignants : le développement du vaccin est financé par l'argent des contribuables américains. En septembre, l'Autorité responsable de la recherche et développement avancée dans le domaine biomédical a octroyé une enveloppe de 43,2 millions de dollars à Sanofi. Et ce, afin que le laboratoire, en partenariat avec le Walter Reed Army Institute of Resarch (WRAIR), produise le vaccin et détermine sa dose optimale, en vue de la phase II des essais cliniques (pour le moment, Sanofi est en phase I). Si le vaccin atteint la phase III, dernière étape avant un potentiel lancement sur le marché, le géant pharmaceutique français devrait bénéficier d'une rallonge et obtenir une aide totale de 130 millions de dollars.

L'Armée maintient sa position

Malgré les nombreuses critiques, l'Armée américaine assure qu'elle maintient son plan visant à accorder une licence exclusive à Sanofi, selon une lettre que s'est procuré le site spécialisé Statnews, mardi 25 avril. Elle dit "manquer de moyens, d'expertise et d'autorité pour définir, appliquer et imposer des "prix abordables" ou fixer un contrôle des prix pour un vaccin potentiel, qui nécessite d'importants investissements, et fait face à un risque d'échec élevé".

Sanofi, quant à lui, a réagi par le bais d'Elias Zerhouni, président de la recherche globale et du développement du géant pharmaceutique. Dans le New York Times, en mars, Il  a reproché à Bernie Sanders de ne pas reconnaître importance d'un partenariat public-privé "pour protéger les populations d'une maladie infectieuse potentiellement dévastatrice (elle serait de maladies neurologiques sévères et de microcéphalies congénitales, NDLR)". Elias Zerhouni a assuré par ailleurs que Sanofi paiera des royalties à l'armée si le traitement entre sur le marché.

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