EDF : avant même sa nomination, Henri Proglio multiplie les déclarations "électriques"

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Renvoyé dans ses buts vendredi matin sur RTL par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, estimant qu'entre EDF et Veolia, Henri Proglio avait déjà assez de dossier à gérer, il repart à l'attaque ce lundi dans Les Echos. Et sur tous les dossiers : EPR, son salaire, la concurrence dans l'électricité, la réorganisation de l'entreprise...

C'est ce lundi que se tient le conseil d'administration d'EDF qui doit faire de son administrateur Henri Proglio le nouveau PDG - tout en restant président (non exécutif désormais) de Veolia - en remplacement de Pierre Gadonneix. Une nomination à la tête du groupe public qui doit être ensuite confirmée ce mercredi par le Conseil des ministres.

Avant même sa prise de fonction, Henri Proglio a multiplié les déclarations fracassantes. Notamment contre un autre groupe public, le spécialiste du nucléaire Areva, dirigé par Anne Lauvergeon, dont il prône le démantèlement pour en récupérer certaines parties et s'octroyer le leadership de la filière nucléaire en France, EDF en étant le grand exploitant.

Renvoyé dans ses buts vendredi matin sur RTL par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, estimant qu'entre EDF et Veolia, Henri Proglio avait déjà assez de dossier à gérer, il repart à l'attaque ce lundi dans Les Echos.

Il lance ainsi, à la fois à l'encontre d'EDF et d'Areva  à propos du futur réacteur nucléaire EPR qui accumule retards et surcoûts : "Connaissez-vous beaucoup d'entreprises disposant d'une seul produit en catalogue ? Il y avait bien Ford et sa Ford T. Mais c'était il y a cent ans et lui au moins savait la construire."

Attaqué sur son salaire, il réplique : "je ne pensais pas qu'on m'attaquerait pour des raisons bassement matérielles. J'ai une vie banale, je suis un type normal, je n'ai pas de bateau, pas de chevaux, pas de résidence secondaire. je ne travaille pas pour l'argent." Mais il indique que "si je pouvais garder le niveau de revenu que j'avais chez Veolia, il me semble que ce ne serait pas choquant en soi pour une entreprise qui pèse 70 milliards d'euros en Bourse".

S'il a tenu à rester aussi président non exécutif de Veolia, son entreprise historique, c'est, dit-il, pour répondre à une demande  "lourdement" exprimée des salariés. Mais aussi pour faire avancer un projet de rapprocement - mais pas de fusion - entre les deux groupes : "EDF sera un actionnaire d'accompagnement du développement de Veolia. La France a la chance de posséder deux géants mondiaux dans l'eau et l'électricité. Tâchons d'en tirer le meilleur parti pour créer des synergies industrielles."

Sur la revente à prix coûtant de l'électricité d'EDF à ses concurrents (GDF Suez, Poweo...) afin de favoriser le développement de la concurrence sur le marché français de l'électricité, Henri Proglio est là aussi cinglant : "c'est non ! Et c'est une question de survie. Accepter un dispositif de ce type, ce serait accepter que la boîte ne vaille plus rien. Si c'est pour faire ça, ce n'était pas la peine de me nommer..."

Enfin, il ne cache pas qu'un de ses premiers chantiers sera de réorganiser l'entreprise EDF en interne : "je vais commencer par supprimer les cabinets. EDF est une administration cotée en Bourse qui va devenir une entreprise". Cela s'appelle mettre une société sous tension.

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