Le plan de l'Etat pour imposer EDF chez Areva
Marie-Caroline Lopez
Marie-Caroline Lopez
Le feuilleton Areva reprend?! L'État profite de la préparation, d'ici à la fin de l'année, de l'augmentation de capital du groupe nucléaire annoncée mi-2009, pour remettre à plat - une nouvelle fois - son périmètre d'activité et son tour de table. Selon nos informations, l'Élysée est fermement décidé à consolider « l'équipe de France du nucléaire » en faisant monter EDF à hauteur de 10 % à 15 % du capital d'Areva. Au passage, le rôle de l'industriel japonais Mitsubishi Heavy Industries, dont l'entrée au capital du groupe français déclenche - à nouveau - les foudres du patron d'Alstom, Patrick Kron, pourrait être revu à la baisse. Cela pourrait être aussi l'occasion de faire émerger « un pôle minier français digne de ce nom » en fusionnant l'activité mines d'Areva et celle d'Eramet. Enfin, la succession d'Anne Lauvergeon, dont le deuxième mandat arrive à échéance fin juin 2011, pourrait être préparée dès cette fin d'année. Officiellement, pour « donner de la visibilité » aux futurs nouveaux actionnaires du groupe.
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Les grandes manoeuvres sont donc lancées alors que l'incessante effervescence autour d'Areva semblait être retombée avant l'été. L'Élysée avait renoncé in extremis, au printemps dernier, à se séparer d'Anne Lauvergeon. Le groupe et sa tutelle devaient profiter de la trêve estivale pour boucler tranquillement l'augmentation de capital promise depuis plus d'un an. C'était oublier l'opiniâtreté d'Henri Proglio, nommé à la tête d'EDF il y a un an exactement, avec une idée en tête?: redonner à EDF son rôle de chef de file du nucléaire français. Une ambition qui rejoint, d'évidence, les vues de Nicolas Sarkozy.
Marie-Caroline Lopez
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