Areva : la montée au capital d'EDF n'exclut pas d'autres partenaires

L'Elysée a dévoilé mardi soir les conclusions chocs du rapport Roussely sur la filière nucléaire française. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a apporté ce mercredi quelques précisions.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a indiqué ce mercredi sur RTL que l''augmentation du capital du groupe nucléaire public Areva serait ouverte non seulement à EDF mais aussi à des partenaires de longue date du groupe nucléaire français, comme le japonaise Mitsubishi. "Je pense aussi à des investisseurs du Golfe, le Qatar, le Koweït, qui sont là aussi en négociations".

Quant à EDF, s'il "veut monter également, il n'y a aucune raison de l'écarter, mais il faut que ça se passe dans le respect de la valeur d'Areva" souligne-t-elle, rappelant qu'EDF détient déjà 2,4% du capital d'Areva.

L'Elysée a annoncé mardi soir des décisions stratégiques pour la filière nucléaire française en dévoilant le rapport Roussely, réalisé par l'ex patron d'EDF François Roussely, aujourd'hui banquier chez CSFB (Credit Suisse First Boston).

Les groupes publics Areva et EDF vont s'associer pour l'exportation de centrales nucléaires avec EDF comme chef de file. L'Etat entend ainsi tirer les leçons de l'échec tricolore de la vente de réacteurs nucléaires aux Emirats arabes, contrat de plusieurs milliards d'euros, pourtant donné comme acquis et finalement emporté à la surprise générale par les Sud-Coréens.

Surtout, Areva, qui a déjà récupéré 4,1 milliards d'euros en vendant sa filiale T & D (transmission et distribution) au tandem Schneider - Alstom (ex propriétaire de T & D), va augmenter son capital de 15% d'ici à la fin de l'année. Et la participation d'EDF à l'opération n'est pas exclue. Cette hypothèse va être examinée souligne l'Elysée. Le champion de l'électricité passerait de 2,4% actuellement à quelque 10% selon certaines sources.

Par ailleurs, le projet du deuxième réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR en France, celui de Penly, en Seine Maritime (après celui de Flamanville dans la Manche) est gelé dans l'attente des conclusions sur la construction des deux premiers exemplaires - dont le premier qui ne cesse d'accumuler les retards, en Finlande.

La gamme de produits proposée par la filière française sera élargie, pour mieux répondre à la diversité des besoins des clients. Ainsi, la certification du réacteur Atmea (1.100 MW), plus petit que l'EPR, sera poursuivie. EDF, GDF-SUEZ et éventuellement d'autres électriciens y seront associés. L'Atmea est actuellement développé par Areva et Mitsubishi.

A l'amont du cycle, l'accord de partenariat entre EDF et Areva "visera à conforter la sécurité et la compétitivité de l'approvisionnement en combustible", précise l'Elysée. "Afin de renforcer les capacités françaises relatives à l'approvisionnement en métaux stratégiques, des partenariats industriels pour l'activité minière d'Areva, pouvant comporter une dimension capitalistique, seront examinés", ajoute la présidence française.
 

Nicolas Sarkozy a d'autre part demandé au gouvernement de proposer des mesures complémentaires portant notamment sur la coordination de l'action des services de l'Etat, le renforcement de la recherche-développement et du potentiel humain, ainsi que sur les conditions de travail des salariés du secteur nucléaire.

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