Pourquoi Veolia a plongé dans le rouge en 2011

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Le groupe devrait renouer avec les pertes en 2011, une première depuis 2003 quand ce qui s'appelait encore Vivendi Environnement avait été lesté de dettes par Jean-Marie Messier. Antoine Frérot et Henri Proglio se renvoient la balle des responsabilités.

Pour les analystes, le tableau est simple. Si Veolia pourrait annoncer des pertes nettes estimées entre 200 et 400 millions d'euros en 2011, c'est en raison de trois facteurs. D'abord, les pertes dues à la poursuite de multiples activités « à problème », révélées publiquement en juillet comme Dalkia en Italie, les services aux plates formes pétrolières aux Etats-Unis, les déchets en Egypte ou encore les transports au Maroc, mais non encore vendues.

Une dépréciation de 300 à 350 millions à venir sur Transdev

Ensuite, la dépréciation à venir pour tenir compte de la moins value prévisible sur la cession de ses 50% dans sa nouvelle filiale transport Veolia Transdev. « L'opération n'est pas faite, mais Veolia vient de publier un périmètre comptable ajusté où cette filiale a été traitée en « Opérations abandonnées ». Ce qui signifie que le groupe table sur sa réalisation dans l'année à venir », affirme un analyste parisien. Or, Veolia avait annoncé fin juillet tabler sur une moins value de 300 à 350 millions d'euros sur cette opération.

Enfin, les affaires du géant des services à l'environnement sont affectées par le ralentissement de la croissance dans les pays occidentaux, d'autant que la moitié de ses clients sont des collectivités locales en proie à des difficultés croissantes pour se financer. Rien d'inquiétant cependant pour la plupart des analystes qui suivent la valeur. «Lors de sa meilleure année, en 2007, Veolia a dégagé un bénéfice net de 927 millions d'euros. En 2011, avec 900 millions de dépréciations au premier semestre et encore 300 à venir, au minimum sur le transport, sans compter la crise économique, il n'est pas anormal que le groupe finisse dans le rouge », estime un autre analyste.

Faire patienter les actionnaires

L'enjeu pour Antoine Frérot sera de faire patienter le marché et ses gros actionnaires. « Veolia doit faire la preuve que ses marges opérationnelles ne sont pas détériorées. Ce qui est très compliqué dans un périmètre très fluctuant, difficile à comparer, avec toutes ces cessions », juge un analyste. « Les effets du plan d'économies et le tour de vis sur l'exécution des contrats, annoncés par Frérot, ne vont pas se traduire avant des mois, voire des années. Après les cessions promises, la situation du groupe pourrait s'améliorer si la conjoncture se redresse et si le groupe parvient à faire baisser ses coûts de structure », ajoute-t-il. Le regroupement de tous les sites parisiens à Aubervilliers, qui entraînera des économies conséquentes, n'est pas prévu avant 2015-2016.
 

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Commentaires
a écrit le 23/02/2012 à 9:10 :
Le rapprochement Transdev c'est davantage du au fait que sous lea gestion désastreuse et la stratégie illisible de dupeloux, Véolia transport s'est retrouvée dans une impasse stratégique et financiére et Proglio a tenté d'en sortir par le haut en créant le N1 mondial. Cela s'avére un échec et Frérot doit nettoyer tout cela.
Ce serait triste s'il n'y avait 100 000 personnes dans la division, là c'est catastrophique...
a écrit le 21/02/2012 à 16:54 :
Voilà une analyse qui arrive avec 10 ans de retard. Ca au moins c'est du journalisme d'actualité
a écrit le 20/02/2012 à 18:46 :
Pour mémoire, c'est Proglio qui s'est lancé dans l'opération "Transdev" à la demande du président Sarkozy qui récusait, idéologiquement, un rapprochement "Transdev-Keolis".... Quand on laisse les politiciens interférer avec la gestion d'entreprise,...

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