GDF Suez : le coup de force de Mestrallet pour évincer Cirelli

Jean-François Cirelli a été évincé du groupe alors que le poste de PDG lui était promis, lui qui avait permis la création de ce géant de l'énergie. Un dossier hautement politique.
Nabil Bourassi

3 mn

Jean-François Cirelli à gauche et Gérard Mestrallet à droite.
Jean-François Cirelli à gauche et Gérard Mestrallet à droite.

Jean-François Cirelli, numéro deux de GDF Suez, est donc le quatrième homme à tomber. Après la chute d'Henri Proglio d'EDF, le départ de Luc Oursel d'Areva pour raisons de santé, et la mort tragique de Christophe de Margerie, PDG de Total, c'est un autre dirigeant historique du secteur de l'énergie qui est débarqué.

Le projet ambitieux de deux hommes

C'était pourtant un projet ambitieux que deux hommes ont su porter main dans la main. La fusion de Gaz de France et Suez en 2008 avait permis de créer un champion dans le gaz et l'électricité nucléaire. A l'époque, Jean-François Cirelli, patron de GDF, et Gérard Mestrallet, PDG de Suez, s'accordent pour que le second prenne la tête de la nouvelle entité, tandis que le premier est désigné pour être son bras droit et dauphin. Une configuration qui leur a réussi jusqu'au printemps 2014, lorsque Jean-François Cirelli apprend, par voie de rumeurs, que Gérard Mestrallet envisage de l'évincer.

Dès le mois de juin, le patron du groupe informe les administrateurs et les actionnaires, dont l'Etat qui possède 30% de GDF Suez, de sa volonté de nommer Isabelle Kocher directrice générale du groupe. Cette proposition a deux conséquences: elle acte l'éviction de Jean-François Cirelli, et prolonge le mandat de Gérard Mestrallet jusqu'en 2016, prétextant de la nécessité d'encadrer la jeune recrue.

Un clivage politique défavorable à Cirelli

Jean-François Cirelli ne se laisse pas faire et agite tout ce que son réseau compte de politiciens pour peser sur la décision de l'Etat. Sauf que l'homme de GDF a davantage d'amis à droite qu'à gauche, contrairement à Gérard Mestrallet, ancien membre du cabinet de Jacques Delors.

Pourquoi une éviction que rien ne laissait présager ? "Tu n'as pas de chance", se serait contenté de lâcher Gérard Mestrallet à l'égard de son second à l'occasion d'une réunion houleuse, d'après des propos rapportés par L'Expansion.

Le clan des GDF contre le clan des Suez

D'autres sources en interne évoquent plutôt une bataille entre le clan GDF contre le clan Suez. Isabelle Kocher fait partie du même camp que Gérard Mestrallet en tant qu'ancienne patronne de la Lyonnaise des eaux. Ce mercredi 22 octobre, sa nomination et le départ de Jean-François Cirelli sont officiellement actés par le Conseil d'administration.

Les salariés du groupe se sont également émus des méthodes du PDG. La CGT a dénoncé une "mascarade au Conseil d'administration de GDF-Suez" dans un communiqué. Pour le syndicat, Gérard Mestrallet a imaginé un stratagème pour se maintenir à la tête du groupe et "poursuivre les réorganisations commencées en 2008". Et de le citer: "On ne peut pas s'accrocher au monde ancien et à l'héritage des monopoles. Le monde ancien, je le déprécie", aurait-il déclaré en début d'année, faisant ainsi référence à l'historique de GDF et de ses équipes...

Nabil Bourassi

3 mn

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Commentaires 6
à écrit le 23/10/2014 à 11:52
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Je confirme si besoin que la CGT ne parle qu'en son nom quand elle évoque les actions du PDG du groupe.cette central devrait plutôt se préoccuper de sujets constructifs et être force de proposition pour le bien de l'ensemble du groupe.

à écrit le 23/10/2014 à 11:37
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quel salaries peut etre motive dans son entreprise lorsque l'on percois l'inconsidèration d'un p d g pour ses subordonné comment avoir l"ame de l'entreprise quand le 1 de la societe refuse le travail d'equipe tout le contraire de l'estimation e...

à écrit le 22/10/2014 à 14:46
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Dire que "les salariés du groupe se sont également émus des méthodes du PDG" tout en rapportant les doléances de la CGT est un anachronisme patent. Le syndicat ne parle qu'en son propre nom, notamment quand il diffuse au sein de GDF SUEZ des communiq...

le 22/10/2014 à 21:46
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Sauf que les représentants du personnel sont élus et la CGT a des élus. Ils sont donc représentatifs et légitimes, et ils représentent les salariés.

le 23/10/2014 à 8:46
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les syndicats ne sont plus représentatifs, en France, depuis maintenant quelques années..

le 23/10/2014 à 9:25
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rendons le vote obligatoire dans les entreprises et il n'y aura plus de problèmes de représentativité. . Ceci dit cela risque de nuire aux syndicats extrême comme la cgt...

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