Le pétrole passe sous la barre des 80 dollars, son plus bas niveau depuis quatre ans

 |   |  274  mots
Depuis son dernier pic mi-juin (à 115,71 dollars), la référence européenne du brut a dégringolé de 31%, plombée par une série de facteurs baissiers dont l'abondance de l'offre, la faiblesse de la demande et le renforcement du dollar.
Depuis son dernier pic mi-juin (à 115,71 dollars), la référence européenne du brut a dégringolé de 31%, plombée par une série de facteurs baissiers dont l'abondance de l'offre, la faiblesse de la demande et le renforcement du dollar. (Crédits : reuters.com)
La chute des cours depuis le début de l'été aurait dû entrainer un ajustement de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Ce qui n'est pas le cas. Aussi la baisse pourrait-elle se poursuivre.

Après avoir chuté mercredi 12 novembre sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis 2010, le Brent a atteint 79,35 dollars,  ce jeudi 13 novembre à Londres, son plus bas niveau depuis le 29 septembre 2010.

Depuis son dernier pic mi-juin (à 115,71 dollars), la référence européenne du brut a dégringolé de 31%, plombée par une série de facteurs baissiers dont l'abondance de l'offre, la faiblesse de la demande et le renforcement du dollar.

Il faut dire que la forte hausse de la production américaine se répercute sur le marché mondial. En effet, si les États-Unis n'exportent pas de pétrole brut, ils réduisent leurs importations, créant un surplus d'offre pour leurs anciens fournisseurs.

Pas d'ajustement

Mais la chute des cours depuis le début de l'été aurait dû entrainer un ajustement de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), suivant le schéma bien connu: assécher l'offre pour soutenir les cours. Et dans le rôle du grand régulateur: l'Arabie Saoudite, explique Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi.

Or cette fois-ci, elle ne joue pas ce jeu-là, précise-t-il. Et d'ajouter: "Bien au contraire, elle met plus de barils sur le marché. Alors c'est vrai, que peu après le printemps arabe, le gouvernement saoudien a débloqué d'importants fonds pour financer de grands plans sociaux et qu'il lui faut plus de recettes pétrolières pour équilibrer son budget."

 A tel point qu'il envisage même le baril de pétrole à ... 60 dollars. La prochaine réunion du cartel est prévue le 27 novembre à Vienne.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/11/2014 à 21:08 :
La grosse difference entre la presente baisse et les autres est l'absence de coordination et l'individualisme des pays. Iran, Russie, Algerie, Egypte, Venezuela et meme Arabie saoudite ont besoin des revenus du petrole pour acheter la paix sociale. Mais hors moyen-orient et petrole de schiste, toutes les regions ont atteint leur pic de production, que se passera-t-il quand la production baissera significativement ?
a écrit le 13/11/2014 à 20:33 :
Le pétrole de schiste n'est pas rentable à moins de 75 dollars le baril environ. Et la diminution des investissements de recherche/production dans les gisements classiques sont la garantie d'une hausse future prononcée. Alors c'est bientôt le moment d'acheter les valeurs pétrolières. A bon entendeur...
a écrit le 13/11/2014 à 17:55 :
La baisse des prix du pétrole commence en même temps que les représailles contre la Russie après ses interventions en Ukraine. Et depuis la baisse est presque linéaire... mais elle va s'arrêter.
Certes l'Arabie Saoudite peut toujours vendre du pétrole à bas prix, mais en dessous de $80/baril l'extraction du pétrole off-shore n'est pas rentable. Or les pétroliers sont comme tout le monde, ils n'aiment pas perdre de l'argent ; il vont donc arrêter de chercher du pétrole en eau profonde. On peut donc penser qu'ils arrêtent d'exploiter les puits les plus coûteux.
A part l'automobiliste, le principal gagnant est l'état qui a pu nous glisser 4 cents d'augmentation des taxes sur le gazole, en douceur...
a écrit le 13/11/2014 à 17:50 :
le prix au plus bas depuis 4 ans;d'accord,mais à la pompe ?trouver l'erreur
a écrit le 13/11/2014 à 17:29 :
Chouette se dit le commun des mortels , baisse encore...on va pouvoir rouler plus! Chouette se dit Eckert le sinistre ministre du budget, on va pouvoir taxer plus! Encore un truc gagnant gagnant en trompe l'oeil.
a écrit le 13/11/2014 à 17:20 :
C'est un coup de "bluff" comme ma belle-mère me disait l'autre jour, cela ne va pas durer. Le FMI s'inquiète déjà pour la croissance mondiale…. donc le prix du baril doit remonter. Ah ces Saoudiens, jusqu'à quand ?….
a écrit le 13/11/2014 à 16:46 :
J'aimerais connaitre le prix du baril en provenance des schistes bitumeux du Canada. Normalement son coût d'extraction devrait le rendre inabordable par rapport à l'extraction classique.
Une remarque : ce n'est pas avec cette baisse du baril que nous verrons se développer la géothermie, entre autres...
a écrit le 13/11/2014 à 16:00 :
Les decisions des saoudiens ne sont pas seulement economiques mais aussi geopolitique: avec un petrole cher, le gaz de schiste est rentable. A 60 dollars, son exploitation ne l'est plus du tout. Or les saoudiens n'ont pas intéret de voir des USA moins dépendants de leur petrole grâce à leur gaz de schiste. Les USA se desengageraient du moyen orient et normaliseraient leurs relations avec le rival iranien.
a écrit le 13/11/2014 à 15:46 :
Le prix du baril de pétrole baisse bien, mais le prix à la pompe ne baisse pas pour autant.
Penser aux petits peuples.
a écrit le 13/11/2014 à 15:24 :
Encore un truc qui va ralentir notre indispensable sortie des énergies fossiles, et en particulier du pétrole (pour le transport) :-/

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :