Vers un prix du pétrole durablement faible

 |   |  650  mots
(Crédits : DR)
Les cours pétroliers s'inscrivent dans un cycle global d'évolution des matières premières, dont les prix sont désormais orientés à la baisse. Par Christopher Dembik, analyste, Saxo Banque

La dégringolade des prix du baril de pétrole est l'évènement de 2014 sur le marché des matières premières. Les investisseurs s'étaient habitués ces dernières années à un prix moyen de l'ordre de 110 dollars. Depuis cet été, le pétrole a connu un recul de près de 25%, renouant avec les niveaux atteints au cours du printemps arabe. Le marché a expliqué cette baisse, dans un premier temps, par le contrecoup de la hausse du risque géopolitique en Europe de l'Est et dans le croissant mésopotamien. A tort.

 Affichage de logo.png en cours...

C'est surtout l'inadéquation entre l'offre et la demande qui explique le fort repli des prix du baril. Au fur à mesure que nous avancions dans l'année, il est apparu de manière de plus en plus flagrante que les prévisions de production reposaient sur des estimations de croissance économique erronées. Il n'y a pas eu rencontre entre la production pétrolière et la demande internationale, d'où la situation prolongée de surplus d'offre du marché.

 A court terme, un prix durablement bas

Réalisant la nouvelle donne, beaucoup d'investisseurs ont débouclé depuis l'été leurs positions longues, accentuant le repli. Ces dernières séances, le cours du WTI a connu un rebond technique depuis la borne psychologique des 80 dollars.

A court terme, tout porte à croire toutefois que le prix du baril de pétrole va rester durablement bas. La prochaine réunion de l'OPEP prévue le 27 novembre prochain est présentée comme décisive mais nous considérons que ce sont en fait les Etats-Unis qui sont les seuls à pouvoir réellement influencer ce marché.

 Blocage au sein de l'OPEP

 En raison des divergences évidentes entre les pays membres de l'OPEP à propos de l'ajustement des capacités de production, il est peu probable qu'un accord significatif intervienne entre l'Arabie Saoudite, qui plaide pour le statu quo, et le Venezuela et l'Algérie, qui militent pour une diminution importante de la production. Manifestement, l'Arabie Saoudite n'est pas prête à être, une nouvelle fois, la variable d'ajustement du marché pétrolier et préfère profiter de la baisse actuelle pour conquérir de nouvelles parts de marché, particulièrement en Asie.

Les espoirs du Venezuela et de l'Algérie reposent essentiellement sur un autre acteur qui a désormais une assise incontournable sur le marché : les Etats-Unis. Les études réalisées montrent, en effet, que la production de gaz de schiste au Texas et dans le Dakota du Nord n'est plus rentable sous un niveau de prix moyen du baril de pétrole de 80 dollars. Nous sommes actuellement dans cette zone de sensibilité. Si, comme on l'anticipe, le baril devrait rester proche de ce niveau à court terme, il n'est pas exclu que les Etats-Unis décident unilatéralement de réduire momentanément leur production. Dans ce cas de figure, le baril de pétrole pourrait se stabiliser à moyen terme dans une zone de prix comprise entre 90 USD et 100 dollars.

 Un cycle de trente ans

 Au-delà de la situation de surplus d'offre du marché, il faut également rappeler le contexte global. L'évolution du cours du baril de pétrole s'inscrit, en effet, dans un phénomène plus vaste, celui de la diminution généralisée du prix des matières premières à travers le monde. Les matières premières évoluent dans des cycles de trente ans. La première partie du cycle a débuté au début des années 2000 par un mouvement de hausse ayant pour point culminant avril 2011.Aujourd'hui, nous sommes engagés dans la dernière partie du cycle qui se traduit par une baisse ayant toutes les chances de durer au moins jusqu'au milieu de la prochaine décennie. A très long terme, un prix faible du pétrole pourrait donc être la nouvelle normalité.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/11/2014 à 20:23 :
je ne savais pas que court terme et durablement étaient synonyme ?? voil
a écrit le 06/11/2014 à 11:17 :
un plancher à 80$ le baril, ce ne sont pas des prix historiquement faibles, nous sommes dans un creux conjoncturel dans une hausse structurelle, un peu comme la "pause climatique". La tension sur les matières premières est un facteur de risque significatif, mais pour le moment ce n'est pas le principal. C'est bien l'arrêt de la croissance en Europe et les risques de déflation sur notre continent qui polarisent l'attention avec un effet mécanique sur les cours des matières premières. Sans oublier les tensions sur l'économie chinoise...
a écrit le 05/11/2014 à 10:12 :
C EST UN MIRAGE ECONOMIQUE? NE JAMAIS CROIRE UN EXPERT BANQUIER? CELA NE DURERAS PAS? IL Y A DE LA SPECULATION DANS L AIR???
a écrit le 05/11/2014 à 8:11 :
revoir l'analyse de m fillon 1er ministre
qui ne connait rein a l'economie qui avait predit le gasoil a 2euro
personnage a oublier
a écrit le 05/11/2014 à 7:58 :
Analyse nulle. Les cours du pétrole sont erratiques, manipulés, aucune prévision à moyen terme n'est fiable.Une donnée n'est jamais prise en compte, celle relative au PeakOil qui est pourtant une réalité, mais qu'on ne veut pas entendre.
a écrit le 04/11/2014 à 18:38 :
la forte baisse du prix du brut que l'on ne resent pas encore, si mais quelques centimes .... va entrainer - un des pertes pour les entreprises rafinage et autres... deux - et là ni sapin ni macron ne le dise la forte baisse des entrées de TVA... pas de TIPP -je sais elle a changé de nom - car elle est calculée sur les volumes, mais comme les Français achetent que de petites voitures on va aussi moins consommé....je prévois quelques centaines de millions de perte sur les prévisions plus qu'optimiste de ce gouvernement....oui je suis passé de l'essence au diesel malgré l'odeur et la polution...
a écrit le 04/11/2014 à 18:09 :
Feu M. Margerie expliquait il y a 18 mois que le cours du pétrole ne pouvait plus qu'augmenter ...
Réponse de le 05/11/2014 à 8:01 :
@Toto la mémoire
Margerie avait raison, le pétrole repartira à la hausse pour la bonne raison que c'est un ressource épuisable.
a écrit le 04/11/2014 à 16:59 :
Il faut bien résorber la dette? C'est excellent pour l'état et donc pour la France. Ca l'est moins pour la Russie et les Etats-Unis, merci à l'Arabie Saoudite!
a écrit le 04/11/2014 à 15:44 :
Bon on se résume: pour le pétrole et l'énergie, on est (presque) au plus bas, pour les métaux, on attend la relance, et pour les produits agricoles, au vu des cours du maïs en dessous des coûts de production, il faut (ausnd même) s'attendre à une diminution des surfaces..
a écrit le 04/11/2014 à 15:27 :
@aaa:
Vous vivez dans une grotte en Corée du Nord ?
Le 5 mars 2014, j'ai payé le litre de gazole 1,45 €
Hier, dans la même station, 1,21 €.
Et ceci malgré la baisse de l'euro par rapport au $, monnaie dans laquelle est payé le pétrole. Soyez factuel SVP;
Cordialement
Réponse de le 08/11/2014 à 20:26 :
un petit peu faux Nous payons une bonne partie de nos importations de petrole en EUROS , notamment sur le marche europeen angleterre , norvege ..mais sur le fond oui j ai aussi payer 1,5 € le litre en debut d annee , hier 1, 25
a écrit le 04/11/2014 à 13:48 :
"A court terme, un prix durablement bas": Il fallait oser...
a écrit le 04/11/2014 à 13:02 :
Ca fait déjà plusieurs semaines qu'on nous en parle; mais quelqu'un a vu une baisse significative a la pompe?
Réponse de le 04/11/2014 à 17:20 :
C'est grâce à la TIPP, qui nous protège en lissant les variations de prix.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :