Contrat Alstom/GE : des actionnaires assignent l'Etat, Bouygues et Alstom

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La présidente de l'Adam conteste le fait que Bouygues percevra les dividendes.
La présidente de l'Adam conteste le fait que "Bouygues percevra les dividendes". (Crédits : reuters.com)
L'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) réclame l'annulation du prêt de titres Alstom signé entre Bouygues et l'Etat dans le cadre de la cession d'une partie du pôle énergie du groupe français à General Electric. Elle conteste le fait que, selon elle, l'Etat ne peut bénéficier du statut d'actionnaire.

Les actionnaires minoritaires haussent le ton. L'Association qui les défend (Adam) réclame l'annulation du prêt de titres Alstom signé entre Bouygues et l'Etat dans le cadre de la cession d'une partie du pôle énergie du groupe français à General Electric. Elle a assigné ces derniers en justice.

Une audience est programmée le 22 janvier devant le tribunal de commerce de Paris, a précisé à l'AFP Colette Neuville, la présidente de l'Adam, confirmant des propos tenus au site d'informations économiques Wansquare.

"Bouygues percevra les dividendes"

Dans le cadre de cette cession, l'Etat et Bouygues, principal actionnaire du fabricant du TGV avec une participation d'un peu plus de 29%, ont signé une convention de prêt de titres, appelé prêt de consommation, qui permet au premier d'exercer des droits de vote au conseil d'administration d'Alstom, et donc d'influer sur la stratégie du groupe après la finalisation de la cession, prévue mi-2015.

Mais Colette Neuville conteste la disposition qui permet à Bouygues de rester bénéficiaire du paiement des dividendes versés par Alstom. "Un prêt de consommation a pour effet de rendre propriétaire l'emprunteur pendant la durée du prêt et l'emprunteur a tous les droits du propriétaire, à savoir d'exercer les droits de vote, mais aussi d'en percevoir les fruits, c'est-à-dire les dividendes. Or, là c'est Bouygues qui percevra les dividendes", a-t-elle dit. Et d'affirmer: "Le prêt tel qui est prévu ne correspond pas à la définition légale d'un prêt de consommation, donc l'Etat ne peut pas bénéficier du statut d'actionnaire et ne pourra pas voter lors des futures assemblées générales".

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Commentaires
a écrit le 18/12/2014 à 0:38 :
Il y a confusion entre un prêt de titres et un prêt d'espèces. Je ne vois pas ce qu'il est possible de consommer avec des titres? D'ailleurs la valeur d'un titre n'est pas garantie par l'état. Pourquoi cette association de petits porteurs ne s'attaque pas plutôt aux courtiers prêtant des titres à l'insu de leurs clients contre commission (vente à découvert) plutôt que s'immiscer dans le deal entre l'état et Bouygues? Bouygues peut très bien se passer des dividendes et renégocier les conditions du prêt avec l'état mais pour quoi faire? Protéger des petits porteurs qui ne souhaitent pas que l'état influence la direction d'Alstom? Rien ne leur interdit de vendre leurs titres s'ils n'ont plus confiance dans Alstom. C'est aussi cela investir, prendre des risques... contre rémunération.
a écrit le 17/12/2014 à 17:51 :
Cette Colette là n'est pas Besson, pas le parano un temps Ministre, la sportive olympique. Elle arrive après la course. Mais assurément son tour de piste n'est pas inutile pour sa publicité personnelle.
a écrit le 17/12/2014 à 17:32 :
On apprend subrepticement que l'amende infligée par le gouvernement américain à Alsthom est de 700 millions de dollars pour corruption. Ce serait intéressant de savoir de quoi il s'agit, et qui est corrompu ? Car enfin, si notre mémoire est bonne, il y a eu pas mal d'argent public investi dans cette pétaudière.

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