TOURS (INDRE ET LOIRE). Le biocarburant à l’éthanol, issu de l’agriculture, constitue l’un des axes majeurs de développement pour Total énergies à trois ans. Deux dirigeants de la compagnie ont entamé le 31 mai à Tours le 31 mai un Roadshow national pour vanter les vertus de ce carburant plus propre et moins onéreux que l’essence classique, mais qui souffre de plusieurs handicaps.Rouler moins cher tout en préservant mieux l'environnement. Pour résoudre cette équation posée à tous les opérateurs de la mobilité, Total énergies accélère clairement sur la distribution de Super-éthanol E85. Issu à 85% de la culture de betterave, de maïs et de blé, ce carburant agricole est devenu l'un des axes forts de la politique de transition énergétique que le groupe déploie vis-à-vis des consommateurs mais aussi de ses propres installations. Guillaume Larroque et d'Agnès Bernard, respectivement directeur du marketing Europe et directrice des carburants de TotalEnergies, sont venus rappeler le 31 mai à Tours le bien fondé, selon eux, de ce carburant tant pour ses stations-services que pour l'enseigne de grande distribution Intermarché.
Le Super-éthanol E85 permet d'une part de réduire de 40% les émissions de CO2 provoquées par les moteurs thermiques. Moins taxé, le prix au litre est nettement plus attractif que celui de l'essence puisqu'il avoisine 70-80 centimes d'euro, contre quelque 2 euros pour le SP98. Dans le contexte actuel de hausse très sensible des tarifs des carburants habituels, Total Energie constate un engouement de plus en plus marqué des consommateurs pour le bio-éthanol. « La consommation représente en 2022 4 à 5% des volumes d'essence globaux, soit 600.000 litres sur 15 millions, explique Agnès Bernard. Nous espérons doubler cette proportion d'ici à 2025 ». Pour y parvenir, le groupe, qui dispose de 850 stations équipées dans l'Hexagone (sur 3450), compte ainsi encore développer significativement son parc à l'horizon 2025.
Freins au développement
Proposé depuis une dizaine d'années, le Super-éthanol E85 se heurte à un écueil de taille : l'offre réduite de modèles disponibles. Parmi les constructeurs automobiles, seuls Ford, Jaguar et Range Rover proposent des véhicules compatibles d'origine (Flex fuel) avec ce type de carburant. Renault et Peugeot se sont, quant à eux, plutôt tournés vers les moteurs électriques à l'instar de Toyota. Afin de gommer l'écueil de l'offre, des boîtiers d'homologation sont toutefois proposés entre 800 et 1.500 euros l'unité pour convertir les véhicules à essence classiques au biocarburant au méthanol. Un investissement qui est amortis entre 12 et 16 mois, selon Guillaume Larroque. L'autre handicap du Super-éthanol E85 reste la surconsommation de l'ordre de 20%.