Déboires de l'EPR en Finlande : accord amiable en vue entre Areva et TVO

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(Crédits : Reuters Staff)
Areva (et son partenaire Siemens) et l'électricien finlandais TVO sont sur le point de signer un accord à l'amiable pour mettre fin au litige qui les oppose sur le chantier du réacteur EPR troisième génération d'Olkiluoto en Finlande, qui a accumulé 10 ans de retard,

Le groupe nucléaire français Areva (et son partenaire Siemens) et l'électricien finlandais TVO sont sur le point de signer un accord à l'amiable pour mettre fin au litige qui les oppose sur le chantier du réacteur EPR troisième génération d'Olkiluoto en Finlande, qui a accumulé 10 ans de retard, a indiqué ce samedi le quotidien le Monde

"Les discussions avec le fournisseur ont bien progressé. Il est possible qu'un accord soit conclu dans les prochains jours", a déclaré à Reuters un porte-parole de Teollisuuden Voima (TVO), Pasi Tuohimaa.

Plusieurs centaines de millions d'euros

 "On s'oriente vers un bon accord pour Areva", a indiqué une source proche du dossier à Reuters. Selon le Monde, Areva s'engagerait à payer à TVO des pénalités de plusieurs centaines de millions d'euros, afin de régler le conflit qui l'oppose à TVO sur les retards et dépassements de coûts du réacteur nucléaire en construction en Finlande. L'accord a pour objectif de mettre un terme à la procédure d'arbitrage international engagée depuis une dizaine d'années, précise-t-on de source proche du dossier.

Mise en service en mai 2019

La construction du réacteur de troisième génération par le groupe français à Olkiluoto (sud-ouest de la Finlande) connaît d'importants retards et surcoûts, qu'Areva et TVO s'imputent mutuellement.  Les deux groupes ont porté leur différend devant un tribunal d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale (ICC) à Paris. Areva réclame 3,4 milliards d'euros de dédommagements au finlandais, et TVO 2,6 milliards au français.

TVO a plusieurs fois revendiqué des arbitrages partiels en sa faveur dans ce dossier mais aucun détail n'avait filtré, la procédure étant confidentielle. La mise en service du réacteur EPR d'Olkiluoto, prévue initialement pour 2009, est désormais programmée pour mai 2019, alors que le chantier a débuté en 2005.

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Commentaires
a écrit le 11/03/2018 à 17:35 :
A la vitesse du progrès technologique et de la capacité de plusieurs pays d’investir massivement dans l’innovation, est-ce encore possible que l’EPR demeure une technologie d’avant-garde advenant même qu’elle soit rentable... un jour ?
Réponse de le 12/03/2018 à 10:32 :
Il faut en gros dix ans pour concevoir un réacteur et dix ans pour le construire. Sachant qu'on utilise toujours des technologies déjà éprouvées au moment de la conception.

Un réacteur nucléaire n'est donc jamais d'avant-garde une fois construit, il est même généralement déjà obsolète. Mais c'est pas grave, parce qu'être à la pointe de la technologie n'est pas ce qu'on lui demande.

Ce qu'on lui demande, c'est de produire beaucoup, à pas cher, et en toute sûreté.
a écrit le 11/03/2018 à 16:07 :
Si la technologie de l'EPR devient rentable un jour, si cela est encore possible, sera-t-elle encore suffisamment ''d'avant-garde'' pour attirer des acheteurs potentiels... ou sera-t-elle plutôt devenue trop désuète pour être exportable ?
a écrit le 11/03/2018 à 14:27 :
EPR 3ème génération de centrale. En 2004-2006 Chirac/Villepin projetaient la 4ème génération. Débat Sarkozy-Royal mai 2007 ; en accord tous les deux sur les deux nouvelles générations, pressés tous deux, d'aller vers la quatrième, succédant à l EPR. Celle de Flamanville en énième panne, avant la fin à la st glinglin, 10 ans de retard. Cout de 11 Milliards d'euros au lieu de trois !!!!!!!!, et idem en Finlande, Chez les Anglais, les énormes surcouts et ennuis commencent déjà. L'inde en voudra t-elle finalement ? NON ASSUREMENT ( hypothétique commande, de 6 éventuels EPR, évoquée samedi 10/3 pour fin 2018, est assurément à oublier )
Réponse de le 12/03/2018 à 10:22 :
On se demande bien pourquoi les indiens prennent le temps de négocier et signer ces accords si en vrai ils n'en ont pas vraiment envie...
a écrit le 11/03/2018 à 10:34 :
S l'argument du prototype pourrait se defendre,celui de Flamanville au meme prix (+- 11milliards €) ne tient plus que'est le N°4 et que les 5 et 6 de Hinkley Point sont prévus au meme prix.
On s'est bien foutu de nous.

Maintenant les Finlandais vont pouvoir faire plus de galeries dans leur Bure à eux.
Réponse de le 12/03/2018 à 10:26 :
Réponse habituelle (que vous faites semblant d'ignorer) :

La construction d'une tranche nucléaire est essentiellement un gigantesque chantier de GC. Qu'on mène avec une large part d'industriels locaux.

Si ces industriels locaux n'ont pas (ou plus) d'expérience là-dedans, c'est quasiment comme si on repartait de zéro.

D'autant plus que ces machines sont largement adaptées à la réglementation et à la configuration géographique et géologique locale, d'où des coûts supplémentaires.

En tout cas, je remarque que les antinucléaires qui déclaraient l'EPR comme fini et enterré se sont semble-t-il trompés...
a écrit le 11/03/2018 à 10:05 :
oh ben oui... maintenant que ce "fleuron" (ha ha) qui a du etre renfloué de 8 milliards par les contribuables a du cash, on va faire en sorte de faire taire la Finlande, afin de pouvoir vendre à l´Inde...
mais bien sur aucune sanction pour les anciens dirigeants de ce fiasco.parachute doré...

allez chers contribuables , bientot la meme chose pour l´EPR aux UK...
et Flamanville a déjà prévu du retard....
a écrit le 11/03/2018 à 9:46 :
Areva nous a démontré qu'elle était largement capable de retards aussi conséquents hein...
a écrit le 11/03/2018 à 9:07 :
10 àns dè retards, sa parle... Mais bon nous pouvons dire que cela ete le premier EPR construit... Et que les cahier des charges de. Construction est totalement à revoir... Maintenant ils nous tarde de voir la mise en marche dè ses machines ( EPR de Finlande , de France, de Chine ) . Ils reste à espéraient qu'ils serons aussi rentable que prévu et d'une fiabilité à toute épreuve. Ils me semble que la France a prix des engagements de construction en GB et en Inde... Donc ils est plus que temps de remonter ses manche et dè çe mettre au travail....
a écrit le 11/03/2018 à 8:38 :
L'EPR....un machin mis au point (enfin si j'ose dire) sous le règne d'atomic Anne?
a écrit le 11/03/2018 à 2:32 :
Et on voudrait vendre la même technologie en Inde..?! On prend les contribuables Français pour des imbéciles, ou quoi. L’Etat va-t-il continuer à éponger les pertes de ces entreprises qui sont des gouffres financiers..?!
Réponse de le 11/03/2018 à 9:10 :
@Epsylon 11/3 2:32
En effet...
Malgré les annonces fracassantes, c'est, à mon humble avis et je l'espère, reparti pour dix ans de discussions avec l'Inde.
Ce qui est moins rassurant, c'est le projet de Hinkley Point C en Grande-Bretagne, car celui-ci, à ma connaissance, est lancé et dont les coûts sont très incertains (ils ont déjà explosé). De plus, il y a l'incertitude du brexit.
Cordialement
Réponse de le 11/03/2018 à 11:28 :
L'EPR est une technologie d'avant-garde. Mais elle est rentrée sur le marché par une énorme erreur de marketing bien au-delà de la faute professionnelle. Un prototype construit au forfait pour un prix idiot avec un délai encore plus idiot par des équipes qui n'en avaient jamais fait, bravo Ane, il fallait le faire; toutes les c... y étaient pour que ça transforme en désastre sans parler du divorce avec Siemens qui fait le contrôle commande. Les finlandais ont vite vu les failles béantes du contrat et en ont à juste titre profité.
Les suivants qui ne sont plus des prototypes ne seront pas des gouffres contrairement à ce que vous croyez, mais je ne suis pas sur qu'ils arrivent à amortir les pertes du premier.
Réponse de le 11/03/2018 à 12:35 :
@ mjj

Vous amenez effectivement de très bons points à la table de discussion.

L'avenir nous dira si les prochains réacteurs EPR seront rentables, mais d'ici là, on ne voit pas quand l'État va pouvoir sortir de cet engrenage infernal d'éponger les déficits sans être certain que les coûts et les retards sont vraiment maîtrisés.

Vous comprenez que pour un pays lourdement endetté et en déficit budgétaire permanent, le contribuable est absolument lessivé et essoré... et l'État n'a plus aucune flexibilité pour hausser les taxes et les impôts qui sont déjà dans une classe à part (et peu enviable) sur le plan mondial.
Réponse de le 11/03/2018 à 15:59 :
@ Bernardino

En effet, beaucoup trop d’inconnu à l’horizon pour voir la lumière au bout du tunnel... et les projets continuent à s’embourber un à un... inexorablement.
Réponse de le 11/03/2018 à 20:12 :
De toute facon l'EPR ayant été développé avec les allemands de Siemens ca ne peut être qu'une grosse bouse.
Siemens s'en est sorti et a laissé les francais assummer.
Il ne faut plus faire le moindre accord industriel avec les allemands.
Tout sauf eux. Si il y a de l'argent à faire ils l'achetent sinon ils laissent la facture.
A 400M EPR...

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