EDF : les syndicats appellent à la grève pour lutter contre le "pillage" du groupe
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CHARLES PLATIAU
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Il ne manquait plus qu'un appel à la grève pour ajouter du piment au dossier EDF déjà sous haute tension. Se déclarant « scandalisés » par la décision de l'Etat d'imposer à EDF de vendre davantage d'électricité à prix cassés à ses concurrents pour soulager la facture énergétique des Français, les quatre principaux syndicats du secteur énergétique ont, en effet, lancé un appel commun à la grève des salariés d'EDF, le 26 janvier prochain. L'appel est indépendant d'un autre mouvement social destiné à défendre une revalorisation des salaires dans l'ensemble du secteur de l'énergie, à l'appel de la seule FNME-CGT. Cet appel à une grève reconductible à compter du 25, a déjà suscité localement quelques mouvements de grève, notamment dans quelques centrales thermiques à flamme d'EDF, des centrales électriques fonctionnant au gaz, fioul et ce qui reste du charbon, à Martigues par exemple.
Les quatre syndicats de branche appellent, selon lui, "à protester contre cette décision scandaleuse d'augmentation du plafond de l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique, ndlr), qui vient spolier le rôle d'EDF, voire organiser la destruction d'EDF".
Dans son communiqué, FO-Energie et Mines estime que "le gouvernement confirme son hostilité au service public de l'électricité et à l'entreprise, EDF, qui l'incarne", "en faisant ce choix d'aider les concurrents d'EDF au lieu de remettre en cause la concurrence".
Il dénonce aussi "des enjeux politiciens dans le cadre de la prochaine campagne présidentielle".
Lire aussi : EDF : le grand désalignement des planètes
Afin de limiter la hausse des prix de l'électricité pour les consommateurs, dans un contexte de flambée des prix de l'énergie, le gouvernement français a demandé jeudi dernier à EDF, dont l'Etat possède 84%, d'augmenter de 20% le volume d'électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents cette année. Le groupe va donc vendre à un prix réduit jusqu'à 40% de sa production électrique en 2022, au lieu de vendre aux prix forts du marché, ce qui va impacter les recettes d'environ 8 milliards d'euros -
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Une décision qui a ému jusque à la tête du groupe. Lundi, dans un message interne que La Tribune s'est procuré, le PDG Jean-Bernard Lévy a indiqué qu'il l "partageait l'émotion" de ceux qui lui ont fait part de "leur soutien, voire de leur indignation". Les mots utilisés dans ce courrier sont forts. « Beaucoup d'entre vous m'ont fait part de leur soutien, voire de leur indignation, et je partage votre émotion. Sachez que le comité exécutif et moi-même restons très combatifs », a-t-il écrit. Imposée par le gouvernement alors qu'EDF proposait une autre solution, la décision a constitué un "véritable choc" pour l'entreprise, car elle « va peser lourdement sur nos résultats ».
Lire ici- Prix de l'électricité : "Après l'avoir combattue", EDF vit la décision de l'Etat "comme un véritable choc", dit son PDG Jean-Bernard Lévy
EDF a subi une lourde chute en Bourse vendredi et lundi après avoir également annoncé une révision à la baisse de ses perspectives de production nucléaire pour 2022 - en raison d'arrêts de réacteurs liés à des problèmes de corrosion -, ainsi qu'un nouveau retard et un surcoût supplémentaire du projet d'EPR de Flamanville (Manche).
« Ces mauvaises nouvelles ébranlent le Groupe. Pour autant, elles ne doivent pas occulter les efforts accomplis par l'ensemble des équipes et je sais ce que les succès de notre Groupe doivent à votre engagement », ajoute-il en précisant :
"Avec le comité exécutif, nous examinons les mesures appropriées pour renforcer la structure bilancielle du groupe et toute mesure de nature à protéger ses intérêts. Ce qui est en jeu, c'est notre capacité à préserver notre développement stratégique. Nous comptons rendre ces mesures publiques sous un mois."
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La CFE-CGC, de même que l'association Energie en actions, qui représente des actionnaires salariés et anciens salariés d'EDF, ont fait savoir ces derniers jours qu'ils se réservaient la possibilité d'attaquer en justice la décision du gouvernement sur l'Arenh.
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